ALLO Roger

- Né Ie 5 mai 1906 à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique).
- Demeure à Bordeaux, 6, rue Renière.
- Arrêté le 24 octobre 1940, incarcéré au Fort du Hâ.
- Fusillé le 24 octobre 1941 à 35 ans, numéro 38 sur la liste générale des fusillés.


Roger est le deuxième d'une famille de quatre enfants. Dès l'âge de 19 ans, il adhère au groupe de Bacalan des Jeunesses communistes dont il devient rapidement un des responsables. Il est passionné par l'étude des oeuvres de Marx et de Lénine et donne des conférences aux cours du soir des Jeunesses communistes. Il est délégué au Congrès national le 19 octobre 1925. Propagandiste éloquent, il prend la parole dans les réunions électorales et la police note son intervention à Marmande le 18 octobre 1925.

- Il interrompt son activité en 1926 pour effectuer son service militaire, où, les rapports de police aidant, il est envoyé à Kénitra au Maroc, au 61e régiment de tirailleurs.

- A son retour, il est embauché aux Chantiers du Sud-Ouest à Bacalan où il fait la rencontre de militants du syndicat CGT unitaire et s'engage dans l'activité syndicale. Licencié en mars 1928, il retrouve un emploi dans l'automobile chez Malleville et Pigeon, place Sainte-Croix. Attentif à la formation professionnelle des jeunes ouvriers, il devient membre du jury des CAP de tôlier-formeur. En janvier 1929, il est élu Secrétaire général du syndicat CGT unitaire des métaux.

Il n'en poursuit pas moins son engagement politique aux Jeunesses communistes où il est élu en novembre 1928 membre du CE de la 19e entente. En juillet 1930, il assiste au congrès de l'lnternationale syndicale rouge. Au cours de ces rencontres internationales, il prend connaissance de la répression envers les militants ouvriers qui sévit dans la plupart des pays du monde et il s'engage dans l'action de solidarité au Secours rouge international, dont il devient le secrétaire départemental.

Il adhère aussi aux Amis de l'URSS, dont le siège est rue du Pont de la Mousque.

Il est de toutes les manifestations contre la guerre et le fascisme, participe au comité de soutien aux comités de chômeurs de 1933 à 1936.

En décembre 1933, sa soeur Régine, employée dans une imprimerie, prend une part active à une grève de toute la profession qui durera trois mois. Elle bénéficiera de la sollicitude et du soutien de Roger, dont elle aura bien besoin car cette grève très dure se termine par un compromis, mais également par le tribunal correctionnel pour Régine. Elle est accusée de violences et condamnée à 15 jours de prison ferme quelle accomplira au quartier des femmes au fort du Hâ.

1934 - 1935 - 1936 - Roger est de toutes les luttes pour le Front populaire, l'unité syndicale, pour le pain, la paix et la liberté.

Ses responsabilités au Secours Rouge international le conduisent naturellement à soutenir le gouvernement du Front populaire en Espagne . Agressé de l'extérieur par Franco et ses tirailleurs marocains, soutenu militairement par Hitler et Mussolini, et de l'intérieur par Ies militaires et Ies ligues fascistes, Ie peuple Espagnol a besoin du soutien de tous les travailleurs. Roger organise la solidarité financière, alimentaire, collecte des médicaments, des couvertures, etc... Mais cela ne lui suffit pas, il veut apporter une contribution plus directe.

Le 28 décembre 1936, avec son jeune frère, il s'engage pour combattre dans Ies Brigades Internationales. En raison de sa qualification professionnelle, il est affecté à Albacete, au parc de réparation automobile, puis il sera versé dans l'atelier d'armurerie de la 14e brigade.

En mai 1938, c'est le retour en France avec la démobilisation des Brigades Internationales. Il est endeuillé par la perte de son frère Louis, tué dès Ies premiers engagements avec Ies fascistes. Mobilisé à Tarascon pour une période militaire au 2e régiment de Tirailleurs Africains, à son retour il est élu président de la jeune association des anciens combattants en Espagne Républicaine. Il reprend le travail chez un carrossier au 164, cours de la Somme, ainsi que Ie combat politique et syndical. Mobilisé dès Ie deuxième jour en septembre 1939 , il est démobilisé le 17 août 1940 . A peine a-t-il Ie temps de reprendre sa place dans l'activité illégale du Parti communiste, que Ie préfet (Pierre Alype) Ie fait interner le 22 novembre 1940 avec 148 autres communistes à l'hôtel des émigrants, 24, quai de Bacalan.

Lorsqu'il faudra désigner 50 otages qui seront fusillés le 24 octobre 1941, Ie préfet n'hésitera pas. Le 27 février 1941, il avait communiqué à la Feldkommandantur son dossier et un rapport dans lequel il avait repris l'appréciation du commissaire central Poinsot : "Militant actif et dangereux, soupçonné de se livrer à l'intérieur du camp à une sournoise propagande révolutionnaire".

Avec le Docteur Nancel-Penard, Iui aussi ancien des Brigades Internationales en Espagne, il sera prélevé de la baraque d'otages au camp de Mérignac la veille de l'exécution et enfermé pour la nuit au fort du Hâ. Comme à tous ceux de la baraque d'otages, la vie leur avait été offerte au prix du reniement. Sa soeur Régine, internée à nouveau à la suite du sabotage des lignes téléphoniques allemandes fin octobre 1940, avait été autorisée à s'entretenir avec lui.

Roger est resté fidèle à son idéal et à son combat. Il a été fusillé le 24 octobre 1941.