AMANIEU Pierre André

- Né le 29 juin 1895 à Talence - (Gironde).
- Demeure chemin de la colonie à Saint-Bris au Pont-de-la-Maye.
- Fusillé le 24 octobre 1941 à l'âge de 46 ans.

André (son prénom usuel) est un ancien combattant de la guerre 1914-1918, il gagne le front à vingt ans en 1915. Ouvrier électricien, il est embauché au port autonome, où il occupe aussi la fonction de grutier .

De ses contacts avec Paillé, un des leaders de la CGT unitaire qui est aussi un actif militant du Parti communiste, plusieurs fois candidat du parti à diverses élections, il prend conscience de la nécessité de I'action politique en prolongement de I'action syndicale.

Les grandes confrontations, contre la montée du fascisme, autour du front populaire et les grèves de mai-juin 1936 avec le formidable mouvement populaire, seront un révélateur pour André. Il adhère au Parti communiste en 1936 et devient le secrétaire de la cellule du port. A cette époque, la cellule du port groupe à la fois les ouvriers du Port Autonome et les dockers.

Il ne limite pas son activité à son lieu de travail. Sa résidence n'est séparée de Bègles que par la route de Toulouse. Tout naturellement, il est attiré par cette commune ouvrière aux fortes traditions de luttes progressistes. Il milite à la section de Bègles dont il est le responsable à la diffusion de « L'Humanité ». Tous les dimanche matin, il prend livraison à la gare Saint-Jean de son paquet «d'Humanité Dimanche» et les répartit aux divers diffuseurs (les CDH : Comité de Défense de l'Humanité) dans Bègles. La diffusion se fait à la criée, les diffuseurs à pied ou à bicyclette sillonnent les rues en criant "Demandez, lisez I'Humanité" !, André assure aussi une « tournée » Il est également responsable de "La Gironde Populaire", I'hebdomadaire dont s'est doté le Parti communiste de la Gironde, depuis le 1er janvier 1937. Auparavant "Le Travailleur du Sud-Ouest" était tiré conjointement avec le Gers et le Lot-et-Garonne qui conservera le titre. Au 1 rue Sullivan, le siège du Parti communiste, on voit chaque jeudi soir André prendre livraison de "La Gironde Populaire" pour en assurer la distribution aux abonnés. Augmenter le nombre des abonnés est aussi sa préoccupation et il s'emploie à convaincre les adhérents de souscrire un abonnement.

Comme il demeure à Pont-de-la-Maye, commune de Villenave-d'Ornon, il s'attache aussi à y créer et a y développer la diffusion. Son jeune fils Georges, âgé de 14 ans en 1938 se chargera de répartir "l'Humanité Dimanche" et "La Gironde Populaire" aux diffuseurs de cette commune. Chaque semaine, André aura la responsabilité de la diffusion au moins de 300 "Huma-Dimanche" et 100 "Gironde Populaire".
L'Espagne républicaine, assiégée par Franco et les troupes fascistes italiennes et allemandes, donnera l'occasion à André de développer la solidarité financière envers les républicains. Il s'engagera plus avant et des colis "importants" (postes de TSF , etc) en provenance de Paris transiteront par son domicile avant de rejoindre un convoi clandestin à destination de l'Espagne, car le gouvernement de Léon Blum a décrété la non intervention pour la France.

A la dissolution du Parti communiste, il s'engage dans l'activité clandestine. "L 'Humanité" et "La Gironde Populaire" sont régulièrement diffusées sur le port.

Le 22 novembre 1940, une perquisition est effectuée à son domicile : "L'opération est sans résultat". Il est néanmoins assigné à résidence surveillée au foyer des émigrants, 24 quai de Bacalan à Bordeaux. Son fils Georges est laissé en liberté en raison de son jeune âge, il n'a que seize ans.

Lorsque le préfet transmet son dossier à la Feldkommandantur, il ajoutera l'appréciation du commissaire spécial Poinsot : "Rien dans son attitude ne permet de penser qu'il s'est désolidarisé de l'action de l'ex-parti communiste depuis sa dissolution. Au contraire, son indifférence devant la mesure prise à son égard porte à croire qu'il est demeuré aux ordres de la IIIème internationale ».

André ARMANIEU sera fusillé le 24 octobre 1941 au camp militaire de Souge.