BALSAA Honoré

- Né le 2 novembre 1898 à Montirat (Tarn).
- Demeure 19 bis, Cité Gaugeacq - Bordeaux.
- Arrêté le 9 mai 1941.
- Fusillé le 24 octobre 1941 à 43 ans, numéro 18 sur la liste générale des fusillés.


Engagé à 18 ans et demi en pleine guerre, Honoré n'est rendu à la vie civile qu'en juin 1920, titulaire de la carte du combattant 14-18.

Il entre aux chemins de fer du midi au service exploitation, dans cette corporation où la dure, grève de 1920, qui a laissé des centaines de cheminots sur le pavé, révoqués pour la plupart, ne cesse d'alimenter les conversations, faisant apparaître les séquelles profondes qui demeurent.

C'est après la victoire du front populaire, alors que la guerre d'Espagne avec la non intervention décrétée par Léon Blum, ainsi que la pause sociale, marquent les limites du gouvernement du front populaire, qu'il adhère au Parti communiste, nous sommes en 1937.

Il devient secrétaire de la cellule de l'exploitation en 1938, déjà l'anticommunisme refait surface, la lutte contre la guerre et le fascisme est difficile à mener, la bourgeoisie veut sa revanche, les capitulards devant l'arrogance d'Hitler pointent l'oreille, le gouvernement livre la Tchécoslovaquie aux appétits de Hitler .

Bien qu'il ait déjà largement donné dans la guerre 1914-1918, Honoré est mobilisé à la 7e section des chemins de fer militaires. Démobilisé, il retrouve Bordeaux sous l'occupation et l'absence d'un grand nombre de ses camarades du Parti communiste déplacés ou emprisonnés.

La lutte clandestine prend la couverture syndicale. Le Parti communiste a demandé à quelques-uns de ses militants de participer au syndicat officiel, Honoré est élu au conseil syndical. Il peut ainsi plus facilement se déplacer dans l'entreprise, voire organiser de mini-réunions et couvrir ainsi son activité illégale.

La police ne s'y trompe pas, elle a introduit quelques-uns de ses agents dans la place, elle sait à quoi s'en tenir et décide son arrestation le 5 mai 1941 et l'interne au camp de Mérignac. Il continue à jouer la carte du syndicat officiel et demande sa libération le 16 mai puis le 23 mai .

La réponse de l'inspecteur spécial Dosque qui l'interroge le 20 août est sans équivoque : Balsaa "a été un militant communiste très actif et un propagandiste acharné". "Il s'est toujours réjoui de l'action clandestine menée par le Parti communiste"... "Peut être considéré comme un individu dangereux pour l'ordre public et, de ce fait, aucune mesure de bienveillance semble devoir lui être accordée".

Deux mois après, il est sur la liste des cinquante otages et fusillé le 24 octobre 1941 au camp militaire de Souge.