BIERGE Joseph Raymond


- Né le 5 septembre 1912 à Cenon - (Gironde)
- Demeure rue Gambetta à Chambery - Villenave-d'Ornon - (Gironde)
- Arrêté le 30 juillet 1942
- N° 131 sur la liste générale
- N° 51 sur la liste Gestapo
- Fusillé le 21 septembre 1942 à l'âge de 30 ans


Ouvrier charpentier traceur hautement qualifié Joseph est très tôt mêlé à la vie sociale. Son père est traceur aux Chantiers Navals de la Gironde, il y fait rentrer son fils pour lui apprendre ce métier.

Il se marie à Félicienne Labrugère(1) en 1935. Durant l'occupation des "chantiers" en 1936 chaque jour durant un mois elle lui porte le panier. Dans cette commune de Cenon dont la grande majorité de la population est composée d'ouvriers des Chantiers Navals, de l'usine de ciment Poliet & Chausson, de l'usine sidérurgique Motobloc, toutes les familles vivent à l?unisson cette grande grève avec la municipalité de Front Populaire. La solidarité y est très développée, on s'entraide, on se soutient pour que les hommes tiennent bon et soient victorieux.

L'agression de Franco contre la jeune République espagnole ne laisse pas indifférent Joseph. Il collecte argent, vêtements, vivres, boites de lait concentré pour les enfants et, le soir il se rend sur les quais, près des Quinconces, où se rassemblent les camions qui partiront en convois vers la frontière espagnole.
Le gouvernement de Front Populaire décide le développement des usines d'aviation. La SNCASO est créée, une usine s'ouvre à Bègles, rue Ferdinand Buisson. Les anciens ouvriers de l'aviation et la CGT réunifiée ont négocié une bonne convention collective, les salaires y sont plus élevés. Joseph quitte les chantiers et s'engage à Bègles. Pour plus de commodité, il déménage avec sa famille de son logement de la Bastide et s'installe à Chambéry.

C'est à la SNCASO que Joseph fait un pas supplémentaire dans son engagement. La lutte syndicale devient difficile, le gouvernement Blum a décrété la pause sociale, le nouveau gouvernement Radical Socialiste réprime durement la grève du 30 novembre 1938, il donne son adhésion au Parti Communiste.
Tout naturellement il participe à l'action illégale après la dissolution du PC. Inconnu sur la commune de Villenave d'Ornon où il habite depuis 1940, sa maison sert de relais aux responsables illégaux de la Résistance. Puis c'est l'installation d'un petit atelier d'imprimerie avec deux "Gestetner" qui chaque soir imprimeront les journaux et les tracts clandestins acheminés ensuite dans les usines et les localités par tout le réseau clandestin de patriotes. Cette responsabilité le conduit à être en contact, avec des responsables dans le département.

Mais le sinistre Giret est venu chez Joseph, il raconte tout à la police.
Joseph est arrêté le 3 juillet 1942 sur son lieu de travail pendant que son domicile est perquisitionné, son épouse est également arrêtée alors que leur fils Henri âgé de 4 ans est confié à une voisine. Que de sévices de tortures Joseph a dû subir durant les cinquante jours qui le séparaient de la mort,...

Joseph Bierge est fusillé le 21 septembre 1942 au camp militaire de Souge
.
(1) Félicienne a été déportée en janvier 1943, elle était l'agent de liaison de Raymond RABEAUX fusillé lui aussi le 21 septembre 1942.
(2) Le Général de Gaulle a décoré Joseph BIERGE de la médaille militaire à titre posthume le 2 avril 1959.