BLOT Gérard


- Né le 4 novembre 1917 à Bordeaux - (Gironde).
- Demeure 3 Chemin de Luchey à Mérignac Arrêté le 7 juillet à Jonzac
- N° 115 de la liste générale
- N° 35 de la liste Gestapo
- Fusillé le 21 septembre 1942 à l'âge de 25 ans

Gérard grandit dans une famille où les idées de justice, de liberté, d'égalité se vivent au présent, dans le quotidien des difficultés d'une famille de six enfants, où seul le salaire du père alimente l'ordinaire.

Il faut se battre chaque jour et plus facilement au coude à coude avec ses compagnons de misère pour tenter de s'en sortir collectivement en contribuant à développer le mouvement social. Pour ces raisons la police considère "qu'il sort d'une famille contaminée par le communisme".

Gérard en apprentissage acquiert un métier très qualifié à l'époque, il est ajusteur outilleur. Embauché à l'usine d'aviation à Mérignac continue à se perfectionner et devient traceur. Militant actif des Jeunesses Communistes il est élu membre du bureau régional et adhère au Parti Communiste en 1936 à la cellule Borie. Il participe à la reconstitution illégale des jeunesses communistes après leur dissolution en novembre 1939. Ses camarades membres du bureau régional sont arrêtés. Lecourt André en avril 40 : un an de prison ; puis Jean Rieu le secrétaire régional : 20 ans de travaux forcés ; puis Vermorgan, Eustage André, Fichon et René Julien qui avait pris la relève de Jean Rieu. Ceux qui restent doivent colmater les brèches, sans cesse réorganiser. Il prend la place de René Julien à l'interrégion qui comprend la Gironde, les Landes, les Pyrénées Atlantiques, la Charente et la Charente Maritime.

Il est aussi très actif dans son entreprise, qui travaille maintenant pour l'armée allemande. Il y a constitué des groupes de l'Organisation Spéciale. Désorganiser la production, la ralentir, faire disparaître du matériel, détériorer par tous les moyens, surtout ne pas se faire prendre sont leurs tâches à l'intérieur de l'usine. A l'extérieur ils sont sollicités pour des actions de sabotage.

La police a fait embaucher des ouvriers dont la mission est d'investir les organisations clandestines et de détecter ceux qui se livrent à des activités de résistance. Gérard devient suspect, une perquisition à son domicile le 27 juin 1941 ne donne rien. Il se sent surveillé et ses missions deviennent de plus en plus difficiles. Il se trouve dans l'obligation de devenir illégal. Décision difficile, seul son père handicapé travaille à la mairie, la paie du grand frère est donc indispensable. Pourtant il choisit de continuer le combat.

Le responsable national de l'Organisation Spéciale, Albert Ouzoulias, vient le voir en septembre 1941 pour lui confier la responsabilité régionale des "Bataillons de la Jeunesse", organisation paramilitaire des Jeunesses Communistes.
Il crée un groupe au bureau gare des PTT avec Monède comme dirigeant (il sera fusillé le 30 avril 1942). En Charente Maritime 18 jeunes, du groupe Germain, répartis entre Royan, Chaillette, Etaules, Arvert, Saujon, St Palais etc... (le plus jeune a 15 ans). 5 seulement verront les combats de la Libération.
Il organise plusieurs déraillements de trains militaires et de matériel sur la ligne Bordeaux-Paris et la destruction des transformateurs sur la ligne Libourne-Périgueux, attentat contre la ligne à haute tension à Puilboreau en Charente le 30 avril 1942.

Gérard connaît la dure vie des illégaux : faux noms, changements fréquents de domicile, hébergé quelquefois dans une famille où il retrouve un peu la chaude ambiance du foyer de Mérignac. Mais un besoin impérieux, lancinant, revient cependant, sans cesse à lui : revoir sa famille, embrasser sa mère, avoir des nouvelles des petits, de son père. Et s'il essayait une seule fois de retrouver l'amour maternel. Malgré les consignes de sécurité, Gérard en prenant toutes les précautions d'usage organise un rendez-vous avec sa mère dans un magasin, l' "Aquitaine", au bourg de Mérignac. Mais Poinsot n'a pas relâché la surveillance, il compte sur l'amour qu'éprouve Gérard pour ses parents. A peine dans les bras de sa mère il est arrêté le 8 juillet 1942.

Il subira toute la panoplie des tortures mises au point par l'équipe d'inspecteurs de cette brigade spéciale. Gérard ne parlera pas.

Gérard Blot est fusillé le 21 septembre 1942 au camp militaire de Souge à l'âge de 25 ans.