
BONNAFON Jean
- Né le 23 mai 1898 à Pessac - (Gironde)
- Demeure 19 rue des Augustins
- Arrêté le 25 août 1942
- N° 133 sur la liste générale
- N° 53 sur la liste de la Gestapo
- Fusillé le 21 septembre 1942 à l'âge de 44 ans.
Jean Bonnafon exerçait la profession de marchand de meubles.
Lorsqu'il est arrêté le 25 août 1942 pour activités communistes, ce qui est retenu contre lui, c'est d'être selon un document dé la préfecture, "le dépositaire habituel du mobilier des permanents du Parti. Chaque permanent, lorsqu'il quittait la région, lui confiait son mobilier à charge de le remettre à son successeur".
Le commissaire spécial Poinsot se doutait bien cependant que Jean n'était pas un simple garde-meubles.
En fait, Jean Bonnafon était, avec Henri Souque et Lapeyrade, membre du triangle de direction illégal mis en place avant la dissolution du Parti communiste, par la direction légale laquelle avait à sa tête Henri Chassaing.
Jean Bonnafon sera, par la suite, membre de l'OS et du réseau dit des ébénistes qui regroupait des travailleurs d'une corporation aux solides traditions : goût de la liberté, démocratie, anticonformisme...
Poinsot et ses semblables avaient-ils que Jeanne Souque - épouse de Henri, morte à Auschwitz en 1943 - déposait chaque lundi des sacs de linge dans le magasin de Jean Bonnafon - car elle était blanchisseuse - et que ces sacs contenaient soit des machines à écrire, soit des stencils ? Qu'une Ronéo était installée dans le fond du magasin pour imprimer du matériel ?
Que Renée Michaud jeune résistante de La Rochelle et morte à Auschwitz en 1943 passait pour la dactylo du magasin, alors qu'elle venait taper à la machine du matériel antinazi, qui était diffusé dans la région notamment par Germaine Bonnafon qui circulait sur son vélo dont les sacoches étaient bourrées de ces tracts, qu'elle déposait chez Charlotte Lescure à Floirac - morte à Auschwitz en 1943 - ? Jean Bonnafon et sa fille effectuèrent plusieurs déménagements d'appartements abandonnés par des résistants clandestins, y compris des armes. Les frères Bouvard cachaient des pièces détachées de Ronéo dans le magasin qui servait de dépôt de papier et de stencils difficiles à se procurer à l'époque. Le magasin de Jean Bonnafon servait aussi de lieu de«repêchage», lorsqu'un résistant clandestin se retrouvait isolé, il se rendait chez Jean Bonnafon avec, un mot de passe ou un signe convenu, connu seulement de Jean et de sa fille Germaine qui le remettaient en contact avec la Résistance. Au mois d'août 1942, averti par la famille Bouvard qu'il risquait d'être arrêté incessamment ainsi que sa fille Germaine, Jean fit partir sa fille immédiatement dans la clandestinité et le même jour, il est arrêté dans son magasin.
Jean Bonnafon est médaillé de la Résistance française par décret du 29 novembre 1958 enregistré sous le numéro 10584. Plus tard, sa fille sera déportée et la famille de Jean astreinte à résidence surveillée.
Jean Bonnafon est fusillé le 21 septembre 1942 par les autorités d'occupation.
