BOUVET Camille
- Né le 29 janvier 1903 à GUJAN MESTRAS (Gironde).
- Arrêté la 16 mai 1942 à DAX
- Incarcéré à FRESNES et condamné à mort
- Fusillé au Mont Valérien le 30 septembre 1942
Camille BOUVET était notaire à DAX où il prit en charge dès 1930 l'étude paternelle.
Honorablement connu dans la ville, on le disait avant la guerre membre des Croix de Feu du Colonel de la ROCQUE.
Officier de Réserve, mobilisé en 1939, il est affecté au 2ème bureau (service de renseignement). Démobilisé, il n'accepte pas l'humiliation de la défaite et deviendra un des premiers résistants dans les LANDES dès la mi-octobre 1940.
Le 13 octobre 1940, LOUSTAUNAU-LACAU (alias NAVARRE) tient un meeting à PAU comme délégué général de la Légion des Combattants (organisation pétainiste) qui lui sert de paravent pour camoufler son activité antiallemande.
En fait, avec Marie Madeleine FOURCADE et un petit noyau de patriotes il met en place le réseau "ALLIANCE", qui sera directement rattaché à l'Intelligence Service britannique.
NAVARRE recrute Camille BOUVET. Les deux hommes se sont rencontrés à PAU. Et c'est ainsi que le notaire dacquois devient l'Agent Secret "ABU-124" du réseau Alliance.
Durant plus de vingt mois, tout en poursuivant ses activités professionnelles à l'étude notariale située au 30 cours du Maréchal Foch à Dax - à quelques dizaines de mètres du SPLENDID HOTEL réquisitionné pour les officiers allemands durant toute l'occupation - Camille BOUVET sera un agent très efficace pour le réseau.
Des renseignements très importants sur le mouvement des troupes d'occupation, leurs installations, leur armement, transitent par l'étude notariale. Camille BOUVET assure lui-même de nombreuses liaisons notamment vers PAU à travers la ligne de démarcation. Les renseignements aboutissent à LONDRES au Central de l'Intelligence Service.
Le 16 mai 1942 dans la matinée, la Gestapo se présente à l'étude. Camille BOUVET est absent. Les policiers allemands fouillent son bureau de fond en comble mais n'y trouvent rien de suspect. Prévenu de cette perquisition, Camille BOUVET est présent à l'Etude l'après-midi. Craignant des représailles contre sa famille, il se refuse à quitter les lieux, à s'enfuir. Les gestapistes reviennent à 14 heures, l'arrêtent et le conduisent en prison à BORDEAUX puis à FRESNES.
Si la Gestapo - police d'état allemande- est chargée de la basse besogne (arrestations, tortures pour obtenir des aveux, etc...) l'Abwehr, le service de renseignement militaire nazi est dans l'affaire, dans le cadre de la guerre implacable des services secrets.
Quinze autres "Patrouilleurs" du Réseau Alliance sont arrêtés comme Camille BOUVET et internés à FRESNES. L?Etat-major du Réseau ne tarde pas à découvrir qu'une trahison en est la cause. Il s'agit de l'agent "BLA" que les services secrets allemands avaient introduit dans l'Intelligence Service et que celle-ci avait affecté au Réseau Alliance.
Depuis septembre 1941, "BLA" avait sa boite aux lettres en zone occupée à l'étude dacquoise de C. BOUVET... A partir de là les preuves accablent celui-ci (BLA sera capturé et exécuté quelque temps plus tard dans la région de MARSEILLE par des agents d'Alliance).
A FRESNES, malgré les tortures répétées de la Gestapo, Camille BOUVET ne livre aucun des secrets de la Résistance. Sa mère obtiendra l'autorisation d'une visite à la prison.
Bouleversée, elle trouve son fils dans un état physique pitoyable. Mais son moral et sa foi patriotique sont intacts.
Un tribunal allemand le condamne à mort le 7 novembre 1942. Il sera fusillé au Mont Valérien le 30 novembre. Sa dernière lettre poignante sera destinée à sa mère. Il laisse une veuve et deux enfants : Maité 12 ans et Jacques 10 ans.
Dès la fusillade son corps sera inhumé au Carré des Fusillés du cimetière d'IVRY avant d'être transféré après la guerre dans le caveau familial à GUJAN-MESTRAS.
Le nom de Camille BOUVET est gravé sur le Monument aux Morts dans la Cathédrale de DAX. Une place du centre ville porte le nom de ce grand patriote.
