CASTERA René
Né le 17 octobre 1909 à Bordeaux (Gironde).
Demeure 10 rue du Moura à Bègles
N° 95 de la liste générale
Arrêté le 9 juillet 1942
Fusillé le 21 septembre 1942 à l'âge de 32 ans
René ajusteur à la SNCASO à Bègles est l'aîné d'une famille de 3 enfants où à l'instar du père Albert on s'intéresse à la vie politique car selon celle suivi par le gouvernement ils en ressentent les effets sur leurs conditions de vie et de travail.
Ils militent pour la réalisation du Front Populaire dans cette ville de Bègles à population essentiellement ouvrière très attachée aux valeurs de la Gauche.
Engagés contre la montée du fascisme en Allemagne, ils sont tous mobilisés pour soutenir la jeune République espagnole agressée par Franco qui bénéficie de l'aide d'Hitler et de Mussolini.
En juin 1936 la maman, Hélène, va, chaque jour, durant un mois porter le panier à ses deux fils, René et Gabriel, qui occupent l'usine d'aviation.
À l'intérieur de l'usine, membre d'une des cellules du Parti communiste il est toujours sur la brèche pour distribuer des tracts où l'on affirme que contrairement à la propagande gouvernementale le pacte de Munich avec Hitler livrant une partie de la Tchécoslovaquie, ce n'est pas la paix mais la guerre. Appels aussi à la solidarité avec les républicains espagnols et les collectes périodiques pour acheter des vêtements et les vivres qui leurs font défaut.
Avec l'occupation allemande c'est la continuation du combat, mais cette fois l'engagement est total. René est particulièrement surveillé, la police a appris que le frère, Gabriel, disparu depuis fin 40 est entré dans la clandestinité pour mieux servir la Résistance.
Cela ne l'empêche pas de poursuivre ses activités illégales contre l'occupant et notamment d'engager les ouvriers à faire grève en juin 42 pour obtenir une meilleure nourriture à la cantine. Albert Dupeyron y prend la parole (1).
La maison des parents, Hélène et Albert, sert de relais aux responsables clandestins qui assurent des missions ou des liaisons dans la région jusqu'au 11 juillet où la police arrête, en gare St Jean, un couple dont les deux valises contiennent armes et tracts contre l'occupant. Ils viennent de passer la nuit chez les Castéra. C'est l'arrestation le 13 juillet du père et de la mère Castéra.
René qui a échappé au coup de filet est arrêté le 14 juillet, alors que sans savoir qu'il était filé par la police, il allait prévenir son frère Gabriel le clandestin dans les Landes.
Ses parents sont incarcérés au Fort du Hâ. Hélène après un transfert à Romainville est déportée à Auschwitz avec le convoi du 24 janvier 1943 y meurt de la dysenterie au mois de mars à 55 ans. Albert, le père, déporté à Mathausen y trouve la mort le 12 février 1944 à 62 ans.
La police a noté sur la fiche de René :
"C. est un vieux communiste, soutenait en tant que membre d'une organisation illégale les membres du groupe terroriste, payait ses cotisations, distribuait des tracts."
René Castéra est fusillé le 21 septembre 1942 au camp militaire de Souge.
(1) Voir biographie N° 94
