DELRIEU Henri Jean


- Né Ie 29 janvier 1911 à Bordeaux.(Gironde).
- Demeure à Bordeaux, 97 impasse La forêt.
- Arrêté Ie 22 novembre 1940,
- Interné au 24 quai de Bacalan à Bordeaux puis au camp de Mérignac.
- Fusillé le 24 octobre 1941 à 30 ans, numéro 35 sur la liste générale des fusillés
.

Après avoir terminé son service militaire dans la marine, Henri adhère au Parti communiste, nous sommes en avril 1934. Henri, ferblantier de son métier, travaille dans des entreprises de la métallurgie où la force du syndicat CGT unitaire est la plus importante.

Il vient de participer à la manifestation pour faire échec à a tentative des fascistes en France. Elle se déroule le 8 février 1934 au soir, de la place de la République aux allées de Tourny, 6 à 8 000 personnes selon Ies rapports de police. Elle prépare la grève nationale du 12 février et la manifestation où prendront part 30 000 personnes (Journal "La France"). Ces manifestations, cette grève, ne peuvent se réaliser sans organisation et l'action doit se poursuivre car Ies ligues fascistes ne désarment pas. C'est le sens de son engagement politique. Il milite à la Cellule de la Victoire dont le siège se trouve au Bar Briand, en face de cet îlot où va se construire la Bourse du travail.
Il est de toutes Ies manifestations et prend une large part à la création du Comité de front populaire à Bordeaux et aux campagnes électorales, municipales et législatives.

Henri est un passionné de lecture, Victor Hugo, Zola, Balzac, Romain Rolland, sont à son chevet. Les révolutionnaires Français Robespierre, Marat, Saint-Just, voisinent avec des brochures reproduisant des extraits de Karl Marx et Engels. Ce qui fera écrire au commissaire spécial dans son rapport :
"La documentation saisie chez lui démontre également un penchant pour le communisme qui date de son jeune âge".

Il entre à la SNCASO à Bordeaux Bacalan, dans ce quartier ouvrier où se trouvent dockers, marins, ouvriers de la raffinerie de sucre Saint-Rémy, des huileries, des fonderies, des chantiers navals, de l'aviation. La police considère la SNCASO à Bacalan comme un bastion communiste. De fait, la résistance à l'occupant y sera puissante et permanente. Henri y déploie une activité politique intense. Il devient membre du Comité régional du Parti communiste et de la Commission agitation propagande, et donne la pleine mesure de ses capacités.

Arrêté le 22 novembre 1940, il est conduit au 24, quai de Bacalan à Bordeaux puis au camp de Mérignac. Il sera désigné parmi Ies vingt internés pour constituer la baraque d'otages.

Lorsqu'il transmet son dossier à la Feldkommandantur, Ie préfet n'oublie pas Ies appréciations du commissaire spécial : "Individu intelligent et cultivé en politique, ses sentiments sont inchangés et il peut être considéré comme un fanatique révolutionnaire".

"Il convient de le mettre dans l'impossibiIité de se livrer à toute action néfaste".

La recommandation est entendue... Henri Jean Delrieu est fusillé
le 24 octobre 1941 au camp militaire de Souge.