DUPEYRON Albert
- Né le 29 avril 1910 à Bègles (Gironde)
- Demeure Impasse CANON à Bègles
- N°94 sur la liste générale
- N° 14 sur la liste Gestapo
- Arrêté le 28 juillet 1942
- Fusillé le 21 septembre 1942 à l?âge de 32 ans au camp militaire de Souge.
Ouvrier hautement qualifié, charpentier traceur, Albert participe à la construction de ces paquebots qui dans l'entre deux guerres sortent des chantiers de la gironde à Lormont et assureront la prospérité du port de Bordeaux par le transport de passagers et de marchandises vers l'Afrique.
Il fait partie de ce noyau de militants farouchement partisans de l'unité syndicale, seule selon eux, susceptible d'obtenir des améliorations sensibles des conditions de vie et de travail. Il rejoint le Parti Communiste dans les grands débats pour le Front Populaire et lorsque intervient la dissolution de celui-ci en 1939 il est requis à l'usine d'aviation de la SNCASO à Bègles Birambis.
Il contribue à la réorganisation illégale du Parti Communiste, et dès l'entrée des Allemands à Bordeaux, à la constitution de groupes de l'organisation spéciale (O.S.) chargés du sabotage de la production et de la récupération d'armes.
Parallèlement et sur instruction de l'organisation illégale, il participe à la direction du syndicat d'inspiration pétainiste pour avoir une couverture et intensifier les actions revendicatives.
Lorsqu'en 1941, la direction clandestine pense possible le déclenchement d'une grève avec pour prétexte l'insuffisance de nourriture à la cantine, c'est Albert qui est désigné pour engager le processus. Les tracts se multiplient. Pas de pain, pas de viande, pas de travail... Les discussions vont bon train et un jour Albert monte sur la table à la cantine et harangue les ouvriers la grève est votée à main levée.
Dès lors sa position devient difficile, la police le suit pas à pas. Il devient illégal pour poursuivre son activité de résistant. La décision n'est pas simple, il a une femme, deux enfants de huit et quatre ans, que vont-ils devenir, même si l'organisation illégale veillera sur eux. Envoyé en Charente, il participe à de nombreux sabotages. Le 30 avril 1942 destruction d'un pylône à haute tension, dans la nuit du 4 au 5 juillet attentat ferroviaire près de Beissac.
Le 28 juillet il doit prendre livraison d'armes destinées au groupe FTPF, de Bordeaux. Il se rend chez les GUILLON à la ferme "les violettes" à Sainte Sévère. Mais à 5 heures du matin, les policiers et les feldgendarmes cernent la ferme, c'est l'arrestation.
Sa femme est aussi arrêtée, transférée à Romainville elle est déportée en Allemagne.
La police note dans son rapport : "Terroriste dangereux, auteur de plusieurs attentats en Charente."
Albert DUPEYRON est fusillé le 21 septembre 1942 au camp militaire de Souge.
