
ELLIAS Louis
- Né le 17 août 1883 à Blaye (Gironde).
- Demeure à Floirac 11 impasse Camille Pelletan.
- Arrêté le 22 novembre 1940,
interné au 24 quai de Bacalan à Bordeaux puis au camp de Mérignac.
- Fusillé le 24 octobre 1941 à 58 ans, numéro 34 sur la liste générale des fusillés.
Louis est très jeune gagné aux idées socialistes et pacifistes dont le leader est Jean Jaurès. De 1912 à 1924 il est membre du Parti socialiste. Au congrès du parti à Tours en 1920, il suit la minorité et reste fidèle au Parti socialiste SFIO (Section Française de I'internationale ouvrière). En 1919, il est élu conseiller municipal à Floirac.
Pourtant, il suit avec sympathie I'évolution du jeune pouvoir des soviets en Russie et n'approuve pas les distances prises par son parti et dans certains cas sa convergence avec les partis de droite dans leur opposition anti "bolchevik". Il adhère au Parti Communiste Français en 1924 qui le présente la même année comme candidat aux élections législatives. Il sera aussi candidat en 1925 aux élections municipales et à toutes les élections qui suivront.
Ses sentiments profondément humanitaires le conduisent à participer à I'activité du Secours rouge international et le commissaire de police de Floirac se croit obligé de faire un rapport au préfet en 1930 car Elias, avec d'autres communistes, a monté un stand du Secours rouge à la fête de quartier, rue Jean-Jaurès.
Il est aussi candidat du syndicat de défense des intérêts du quartier dont le siège est avenue Camille Pelletan. Lorsque dans le cadre des activités du comité du front populaire en 1935 il est décidé de fonder un club sportif adhérent à la FSGT, c'est encore à Louis Elias que I'on fait appel pour en assurer la présidence.
Embauché comme conducteur de machines à l'Energie électrique du Sud-Ouest à Floirac, il gagne rapidement la sympathie de tous.Il a une sensibilité et une connaissance particulière des sociétés mutualistes car il est président de l'Union fraternel1e des ouvriers métallurgistes, aussi les ouvriers de I'énergie I'élisent président de la caisse de secours mutuel.
Arrêté le 22 novembre 1940 et conduit au 24 quai de Bacalan, puis au camp de Mérignac, il tente d'obtenir une permission car, dit-il dans sa lettre du 23 mai 1941, sa responsabilité de président de la caisse de secours mutuel I'oblige à convoquer une assemblée générale, préparer le rapport d'activité et le budget pour I'année suivante. Il s'appuie pour cela sur une circulaire du ministre secrétaire d'état à la production industrielle et au travail qui demande aux sociétés de secours mutuels de participer à I'oeuvre du secours national, (création de Vichy), en prélevant sur leurs excédents disponibles au titre de secours exceptionnels .
Curieusement d'ailleurs, le préfet, sous la signature de son secrétaire général Daudonnet, s'adresse à lui, président de l'Union fraternelle des ouvriers métallurgistes : "Je vous serais très obligé de vouloir bien, dans la mesure du possible, répondre favorablement au désir exprimé dans la dite circulaire".
Louis y fait référence mais la ficelle est trop grosse, la permission est refusée.
Le préfet a transmis à la feldkommandantur son dossier, y figurent les appréciations du commissaire spécial Poinsot : "Fondateur à Floirac du parti, il n'ignore rien de son organisation, mais il se refuse à donner la moindre indication"... "Militant de la première heure, il est resté dangereux pour l'ordre social, prêt à diffuser les mots d'ordre de la troisième internationale, il attend l'heure de l'action".
Louis Elias est fusillé le 24 octobre 1941 au camp militaire de Souge.
