ELOI Louis Robert
- Né le 6 janvier 1905
- Demeure 54 Avenue du Professeur Bergonié à Bègles (Gironde).
- N° 124 sur la liste générale
- N° 44 sur la liste Gestapo
- Arrêté le 5 juillet 1942
- Fusillé le 21 septembre 1942 à l?âge de 37 ans
La police de Poinsot aidée par ses mouchards qu'elle avait fait embaucher à la SNCASO de Mérignac, avait établi une première fiche de renseignement sur les activités de Louis.
"Eloi est un vieux communiste, chef d'une cellule illégale dans l'usine d'aviation SNCASO, payait et encaissait en permanence des cotisations, distribuait des tracts".
Connu pour ses activités syndicales et politiques depuis 1930 il avait particulièrement été remarqué lors de la grève nationale le 30 novembre 1938, où les gardes mobiles avaient assuré la protection des "jaunes" venus travailler. Les grévistes sont mis à l?index, sanctionnés, Louis est de ceux-là.
Aussi dès la dissolution, il se préoccupe avec un groupe d'anciens de reconstituer l'organisation politique et lorsque Pétain proclame la charte du travail, mettant en place des syndicats de collaboration avec la direction de l'entreprise et les autorités de Vichy, il est de ceux qui appliquent le mot d'ordre : "Il faut investir les syndicats officiels".
Louis Eloi fait part à Lajuzan de la décision de la direction clandestine :
Il doit se présenter aux élections de délégués et pour ce faire il doit quitter la piste d'envol où il est mécano et demander sa mutation pour l'usine ; il est aussi tourneur. Il est élu, le mot d'ordre a bien circulé de bouche à oreille, Lajuzan n'est pas un collaborateur, il sera en première ligne face à la direction et aux allemands pour être le porte-parole et l'animateur des multiples revendications que l'esprit de résistance suscite. Chaque semaine, Lajuzan comme les autres reçoit de Louis son paquet de tracts, journaux clandestins à distribuer, collecte des fonds à remettre à Louis qui centralise.
Les indicateurs de la police ne restent pas inactifs, une nouvelle fiche est rédigée.
"Il participe à l'organisation des luttes, revendications dans l'entreprise : demande d'une prime pour avoir travaillé pendant les congés de Noël, demande de la gratuité des transports pour se rendre à l'usine, demande d'amélioration de la nourriture à la cantine".
Père d'une famille de trois enfants Louis n'a pas hésité à prendre tous les risques pour tenir sa place dans le combat contre l'occupant. Lorsque le commissaire Poinsot décide d'agir possédant suffisamment de renseignements sur l'organisation clandestine Louis est une des premières cibles. Il est arrêté le 5 juillet 1942 et emprisonné à la caserne Boudet rue de Pessac à Bordeaux où siège le tribunal militaire. Son martyr sera terrible, Poinsot est convaincu qu'il a des responsabilités dans l'organisation clandestine. Boutillau qui a été arrêté avec lui l'a aperçu un jour le visage tuméfié. Les tortionnaires lui ont arraché les dents une par une.
Son épouse ne possède aucune ressource avec ses trois enfants en bas âge, la solidarité ne suffit pas à nourrir toutes les bouches. Sur les conseils de l'organisation clandestine elle écrit au Préfet le 24 septembre 1942 pour demander un secours. La réponse viendra le 26 par la visite d'un inspecteur de police, son mari a été fusillé le 21. Quand aurait-elle été informée si elle n'avait pas fait cette démarche ?
Louis Eloi est fusillé le 21 septembre 1942 au camp militaire de Souge.