FAURES Pierre René

- Né le 23 janvier 1911 à St Vincent de Paul (Gironde).
- Demeure 10 rue Joseph de Carayon-Latour à Bordeaux.
- N° 77 sur la liste générale
- Arrêté le 8 avril 1941, condamné à 15 ans de travaux forcés et 20 ans d'interdiction de séjour
- Fusillé le 9 mai 1942 à l?âge de 31 ans

Des indiscrétions permettent à la police d'avoir une idée de l'activité illégale de Pierre, dont la profession, ouvrier pâtissier, ne justifie pas les fréquents déplacements en Charente Maritime, Landes et Basses Pyrénées. Il est en relation en effet avec René Julien, responsable régional des Jeunesses Communistes, et assure pour le Parti Communiste illégaldes relations avec ces différents départements lorsque le 6 avril 1941 la police se présente à son domicile, il réussit à prendre la fuite. Le commissaire Poinsot, qui flaire une "grosse prise", lance immédiatement un avis de recherche au Préfet de police à Paris, aux Préfets de Charente, Charente Inférieure, Landes, au commandant de gendarmerie de la Gironde, à la 7ème brigade de police mobile, à tous les commissaires de police de Gironde. Toutes les polices possèdent son signalement : "Faible corpulence, teint maladif, petite moustache châtain foncé, pauvrement vêtu, manteau de cuir élimé, casquette ou béret". Elle savent qu'il s'agit d"un "agent très actif du Parti Communiste". Les mailles du filet se tissent avec une très grande rapidité. Pierre est arrêté le 8 avril par la police spéciale, il n'a pu quitter Bordeaux en raison de la surveillance exercée dans les gares. Il n'avait pu organiser à temps une position de repli.

Les interrogatoires se succèdent. Poinsot veut savoir les noms des résistants qu'il rencontrait dans les divers départements, les endroits où il était hébergé, Pierre reste muet. Le 19 avril, le Préfet de la Charente, apprenant que la "feuille ronéotypée du PC, "La voix de la Charente" trouvée à Angoulême aurait été colportée dans cette ville par le nommé Faures Pierre, demande à Poinsot, le commissaire spécial, "de bien vouloir faire procéder à un nouvel interrogatoire de l'intéressé".

Poinsot s'exécute avec quel plaisir ! Il a de nouveaux renseignements pour confondre Pierre. Il doit déchanter. Un mois après, le 15 mal, il fait connaître au Préfet, que "tous les efforts tentés auprès de l'intéressé pour l'amener à donner les indications recherchées sont demeurés vains" (1).
Poinsot en profite pour expliquer au Préfet de la Charente que "les instructions du parti sont impératives quant aux précautions que doivent observer les militants entre eux : ils ne doivent pas se connaître"... "l'expérience démontre qu'habituellement cette consigne est rigoureusement suivie, ce qui complique la tâche d?investigation de la police quand elle n?est pas enrayée, but recherché par les dirigeants responsables".

Traduit le 12 septembre 1941 devant la section spéciale de la cour d'appel de Bordeaux, en même temps que René Julien, comme lui, il est condamné à 15 ans de travaux forcés et 20 ans d'interdiction de séjour. Il est transféré pour purger sa peine à la prison centrale de Caen.

A la suite d'actions de sabotage de la part de la Résistance dans la région, il en est extrait avec deux autres résistants communistes : Befar Jean et Mangel Pierre pour être fusillé le 9 mai 1942.

(1) souligné par nous : on imagine ce que peuvent êtres ces efforts de la part de ce tortionnaire condamné à mort et exécuté à la Libération.