FLEUREAUX Gabriel

- Né le 31 décembre 1920 à Bordeaux - (Gironde).
- Demeure 18 impasse Nicot à Bordeaux
- N° 127 de la liste générale
- N° 47 se la liste Gestapo
- Arrêté le 3 septembre 1942
- Fusillé le 21 septembre 1942 à l'âge de 22 ans


Gabriel, ouvrier ébéniste travaille dans une fabrique de meubles, les établissements Dubasque rue d'Ornano à Bordeaux. Il est membre des Jeunesses Communistes. Jeune ouvrier il connaît des conditions de travail difficiles et un abattement sur son salaire en raison de son âge. Révolté contre les injustices, il veut militer pour une société plus juste, il adhère au Parti Communiste et constitue en 1937 une cellule dans l'entreprise.

L'activité à l'entreprise ne lui suffit pas et dans son quartier près de la manufacture de tabac, où une cellule s'est constituée il retrouve des militants de différentes entreprises et ces échanges raffermissent ses convictions. Il est entouré à l'entreprise de militants plus chevronnés, Roger Giraudeau qui en 1936 a rejoint les Brigades Internationales pour défendre la République espagnole, Georges Sans, Charles Gadou, Parédès, Esparza, Bon.

L'engagement de Roger Giraudeau contre le fasciste Franco, favorise dans l'usine la solidarité avec l'Espagne Républicaine, des collectes permanentes sont organisées. La quasi-totalité des 170 ouvriers de chez Dubasque y participent. C'est dire combien est grande la conscience du danger de la montée du Fascisme en Europe.

La mobilisation en septembre 1939 éloigne quelques militants qui se retrouvent après l'Armistice, avec l'entrée des Allemands à Bordeaux.
Le premier sujet de conversation est évidemment un échange sur la défaite de la France puis la question : Que faire ?

La décision est rapidement prise de regrouper les communistes en groupe de trois par mesure de sécurité, et de reconstituer le syndicat CGT. Roger Giraudeau prend l'initiative d'organiser une réunion à la nouvelle Bourse du Travail cours Aristide Briand (Les Allemands ne l'occupent pas encore).

Ainsi dès l'automne 1940 la résistance est organisée à l'entreprise Dubasque. Au cours de l'automne 1941 Doriot, l'ancien communiste devenu le propagandiste de la charte du travail de Pétain doit prendre la parole dans un meeting en plein air dans une enceinte municipale près du monument aux morts de Bordeaux. Gabriel lance l'idée d'une contre manifestation, il rédige un tract qui est distribué dans les entreprises. Le jour J, Giraudeau, Fleureaux, Gadou, Bon, Parédès se rendent sur les lieux du meeting avec l'intention de l'empêcher de parler. Cinquante personnes seulement sont là, mais survient un orage, une pluie diluvienne, tous les gens se dispersent, le meeting a tourné court.

Gabriel ne s'en tient pas là. Il a des contacts avec l'organisation illégale en Gironde, reçoit des journaux, l'Humanité, l'Avant Garde (journal des jeunes communistes) sont distribués à l'usine et dans les quartiers. Il est chargé de trouver un endroit sûr pour entreposer le papier et du matériel d'impression. Il contacte fin 40 début 41 Charles Gadou qui s'est installé à son compte au 14 quai des Salinières à Bordeaux. Celui ci accepte d'emblée et assurera de surcroît la distribution des tracts dans son quartier et au marché des Capucins. Gabriel communique à Gili, un des responsables clandestins le résultat de ses démarches, il vient sur place se rendre compte de l'état des lieux et informer Gadou de la visite régulière d'Aurore Pica qui porterait des ramettes de papier à stocker ainsi que divers matériels de propagande à répartir. Parédès par contre viendrait chercher des paquets pour les acheminer à leurs destinataires, notamment des ramettes de papier qui servaient à Gabriel pour imprimer des tracts.

Gabriel avait bien organisé son opération jusqu'au jour où un papier trouvé sur un résistant arrêté, portait la mention : "Prendre un paquet chez Gadou".
Le groupe dit des menuisiers est démantelé. Gadou, Sans, Parédès, Bon et Esparza sont arrêtés et déportés.

Gabriel Fleureaux par contre apparaît comme le responsable du groupe, la perquisition chez lui est probante. Il sera massacré par l'inspecteur Evrard et le commissaire Poinsot lors d'une confrontation avec Gadou. La fiche de police est éloquente :

"F. est un vieux communiste, dans l'illégalité depuis l'été 1941, fabriquait lui-même des tracts communistes, travaillait sous les ordres du bureau régional Sud-Ouest, 2 machines d'imprimerie ont été confisquées chez lui"

Gabriel Fleureaux est fusillé le 21 septembre 1942 au camp militaire de Souge.