GENESTE Gabriel Marcel


- Né le 5 août 1916 à Quinsac, Gironde
- Demeure 225 bis Avenue du Maréchal Pétain
- Arrêté le 25 juillet 1942
- N° de la liste générale
- N° 43 de la liste Gestapo
- Fusillé le 21 septembre 1942 à l?âge de 26 ans


Gabriel, titulaire d'un CAP d'ajusteur est embauché à la Régie Municipale du Gaz à l'usine de Bordeaux Bacalan. Il y côtoie ces ouvriers durs à la tâche qui s'activent devant les fours. Nuit et jour, il faut alimenter ces gueules incandescentes qui avalent la houille tonne après tonne, le visage brûlé, le dos gelé en hiver. A leur contact, il prend vite conscience des injustices de cette société, aussi se propose-t-il de la changer en adhérant aux Jeunesses communistes. L'enthousiasme de la jeunesse, les conquêtes sociales de 1936 le confortent dans cette possibilité de construire un monde nouveau dans la paix.
Il est ensuite embauché à l'usine SNCASO à Mérignac.

Révolté par la trahison des dirigeants livrant la France aux armées nazies, il s'engage dans l'activité résistante et fait partie d'un groupe de trois membres du Parti Communiste. Il faut à tout prix réduire la production et revendiquer des augmentations de salaire sous toutes les formes, certes pour améliorer ses conditions de vie matérielle, mais aussi dans l'esprit de la résistance "c'est autant que n'auront pas les Allemands".

L'activité revendicatrice y est très intense : prime de transport, prime pour la sortie d'un avion, etc, etc... Lajuzan (l) avec les autres délégués sont souvent convoqués chez le commissaire Poinsot qui trouve le syndicat officiel pas assez modéré et cherche à connaître les meneurs. La nourriture à la cantine est aussi l'occasion d'un arrêt de travail. Le vendredi, il y a des sardines... comme plat de résistance. Activé par l'organisation clandestine le climat s'échauffe et décision est prise un vendredi d'arrêter le travail pour exiger une meilleure nourriture. Tous les ouvriers se rassemblent. Lajuzan est chargé d'aller chercher le directeur THAIZ pour qu'il constate l'insuffisance des repas. Celui ci en convient, et s'engage pour les jours suivants à améliorer l'ordinaire. Un rapide échange entre les responsables du triangle de direction dont Eloi (2) font savoir à Lajuzan qu'il faut reprendre le travail, presque une heure d'arrêt de la production c'est un test positif.

Gabriel emporté par son enthousiasme monte quelques marches sur l'escalier et appelle les ouvriers à ne pas reprendre le travail sans avoir aujourd'hui même une amélioration. Le directeur fait savoir qu'en quelques minutes il ne peut trouver du ravitaillement et renouvelle sa promesse.
Au-dessus, l'escalier conduisant à la passerelle donnant accès au bureau des Allemands : ceux-ci sont au balcon, ils ont suivi la scène. Courtaison, le commissaire de police de l'aéroport est informé, déjà la fiche de Gabriel est édifiante : "Geneste Gabriel est un ancien des Jeunesses communistes, membres de la cellule illégale d'entreprise de l'usine d'aviation SNCASO. Payait et encaissait en permanence les cotisations, distribuait des brochures".
Le 25 juillet 1942, il est arrêté.

Gabriel Geneste est fusillé le 21 septembre 1942 au camp militaire de Souge.

(1) Voir n°1144 et 125
(2) Voir n° 125