GUERIN André
- Né le 22 juin 1905
- A Eglise Neuve d'Entraigue Puy de Dôme
- Demeure 11 rue Honoré de BALZAC à Bègles - (Gironde).
- Arrêté le 1er février 1942
- Liste générale N° 68
- Fusillé le 30 avril 1942 à l'âge de 37 ans
André père de 3 enfants, chauffeur de profession, vient se fixer en Gironde en 1934 où son frère Jean lui a trouvé du travail chez Harrybey, une fabrique de meubles au quartier de la Médoquine à Talence, il y apprend le métier de vernisseur au tampon.
Aux côtés de son frère, arrêté en 1934 au cours d'une manifestation contre le chef factieux Colonel de la Roque, il adhère au Parti Communiste et s'engage dans la lutte antifasciste. Il est de toutes les réunions et manifestations à Bègles et à Bordeaux. A l'entreprise Harrybey, il adhère à la CGTU et mène l'action syndicale parallèlement à son engagement politique au Parti Communiste. C'est dans le combat pour la réalisation du Front Populaire qu'il se lie avec un autre militant de sa trempe, Vincent GONZALES, habitant également à Bègles.
La guerre de 39 ralentit l'activité de l'entreprise, il s'embauche avec GONZALES à la SNCASO, rue Ferdinand Buisson à Bègles, comme conducteur de Fenwick. Il y retrouve des militants communistes et immédiatement participe à l'action clandestine. Avec la débâcle en juin 40, il est licencié. Il poursuit son activité illégale ; toujours en compagnie de GONZALES il part dans les Landes à Labouheyre où il semble que la direction du Parti Communiste y répartit ses responsables pour la Gironde. Pour assurer la subsistance de la famille, il travaille dans les scieries. En contact avec les groupes de postiers, il constitue avec GONZALES dés juin 40 des groupes de l'OS (1) ; de nombreux sabotages seront à son actif.
Le dimanche 1er février 1942, il a rendez-vous à Talence (Gironde) au lieu dit la Croix de Leysotte avec Boucherie qui assure la liaison avec les postiers. Mais Boucherie a été arrêté, le rendez-vous connu, Boucherie est là, l'équipe à Poinsot aussi. André est arrêté. Lors de la perquisition à son domicile, il enferme Poinsot dans la chambre et s'enfuit, malheureusement l'inspecteur Laffargue est resté devant la porte, il tire, le blesse et réussit à le rattraper. Imaginons déjà ce que sera la vengeance de Poinsot, bafoué de la sorte, lors des interrogatoires. André nie tout. Pourtant des personnes de son quartier à Bègles déclarent l'avoir vu chaque dimanche vendre l'Humanité et la Gironde Populaire. Au préfet, Poinsot explique :
"Guérin s'est cantonné dans, un système de défense qui répond en tous points aux directives données par le Parti Communiste, notamment à celles figurant sur le dernier feuillet du bulletin régional du 15-12-41" ; il précise le 3 mars :
"Tous les efforts tentés en vue de persuader Guérin qu'il était de son intérêt de dire la vérité sont demeurés vains". On conçoit aisément ce que furent ces efforts.
Le revolver d'André n'a. pas été trouvé, GONZALES doit le récupérer mais la maison est surveillée, c'est le frère Jean qui est chargé de cette mission périlleuse à l'occasion d'une visite à la famille. Il s'en acquitte et ce revolver servira à GONZALES pour abattre un soldat allemand quelques jours plus tard. Jean GUERIN, son frère, sera arrêté, le 1er avril 1942. Dans la cellule 52 au Fort du Hâ il retrouve quelques résistants du groupe des étudiants, Meyroune, Gardelle et Chardin, qui lui rapportent le calvaire enduré par André traîné de sa cellule pour des interrogatoires tous les deux ou trois jours. A son épouse sans ressources avec ses trois enfants (10, 12 & 4 ans) le préfet répond :
"Vous ne pouvez bénéficier de l'allocation prévue par décret du 27 février 1940 pour les familles des internés politiques, votre mari n'étant pas interné mais poursuivi et incarcéré pour infraction au décret portant sur la dissolution des organisations communistes"
André Guérin est fusillé le 30 avril 1942.
(1) Organisation Spéciale constituée par le PC pour les actions armées.
