GUILLON Prosper
- Né le 4 mars 1880 à Charbonnieres (Charente Maritime)
- Demeure à la ferme "aux Violettes" à Ste Sévère
- Arrêté le 28 juillet 1942
- N° 114 de la liste générale
- N° 34 de la liste Gestapo
- Fusillé le 21 septembre 1942 à l'âge de 62 ans
"Les Violettes", c'est un hameau de quatre maisons, dans le pays bas, inondé l'hiver, séparé de la route par cinq cents mètres de champs et de taillis. La ferme des Guillon se trouve dans le hameau. L'épouse de Prosper, Aminthe, y est née, y a passé sa jeunesse avec ses parents cultivateurs. Ils s'y sont mariés et ont repris l'exploitation. En 1942, leurs trois enfants (deux garçons et une fille) sont élevés. Pierre est prisonnier de guerre. Jean a épousé Yvette. Le jeune ménage s'est installé à la ferme où il y a de l'ouvrage pour deux couples.
Les Guillon père et fils sont communistes. Quand se forment les FTP, ils en font partie. Les combattants ont besoin d'armes.
L'organisation fonctionne bien. Des armes sont cachées chez Pateau, Valina et bien d'autres. Les armes qu'ils se procurent sont disséminées de préférence dans des fermes isolées des environs et dans d'autres caches.
C'est ainsi que Marcel Blateau, électricien, pour sa part en dissimule dans un transformateur. La ferme des Guillon a aussi son dépôt, Prosper est en liaison avec les FTP de Bordeaux dont Dupeyron et sa femme qui assurent le transport des armes. Ils se trouvent à la ferme le 28 juillet. Entre 4 et 5 heures du matin, une compagnie d'Allemands (deux cents hommes environ) en camions investit la ferme. Prosper et Aminthe, Jean et Yvette, Albert et Elizabeth sont arrêtés. La fouille systématique aboutit à la découverte des armes. Heureusement il y en a peu, les consignes ont été respectées. Les dépôts devaient être peu importants.
Aminthe après la prison de Cognac, le fort du Hâ à Bordeaux et Romainville est déportée à Auschwitz avec le premier convoi du 24 janvier 1943. Elle est prise à la " course" le 10 février. Elle meurt au block 25 le 26 février dira l'avis officiel, avant certainement. Prosper subira les interrogatoires les plus durs, la Gestapo voulant à tout prix connaître le réseau de résistants qui alimente les dépôts d'armes.
Chaque année une cérémonie rend hommage aux Guillon. Sur le monument en bordure de la route :
"Honneur aux martyrs de la Résistance
1940-1944
membres du Parti communiste français
arrêtés le 28 juillet 1942
victimes de la barbarie nazie".
Prosper Guillon est fusillé le 21 septembre 1942 au camp de Souge.
