JONET Arthur
- Né le 28 juin 1899 à Juvigny - Loison (Meurthe-et-Moselle)
- Demeure à St Germain du Puch Gironde
- N° Liste générale n° 81
- N° Liste Gestapo n° 1
- Arrêté le 1 septembre 1942
- Fusillé le 21 septembre 1942 au camp militaire de Souge gironde
Les aciéries de Longwy sont connues dans le bassin mosellan comme une puissance économique liée au comité des Forges. Celui ci dirige l'organisation professionnelle patronale qui a négocié avec le syndicat CGT à l'hôtel Matignon en 1936.
Elles sont réputées pour y maintenir des conditions de travail moyenâgeuses. Les hommes y sont trempés au rythme des coulées d'acier incandescent. Les organisations syndicales ouvrières et politiques y sont bien structurées, fortement implantées, les conflits du travail sont très durs. Les municipalités des communes environnantes traduisent ce climat, pour la plupart les élus sont à dominante Front Populaire.
Arthur JONET en est un pur produit. Victime des conditions de travail, il est amputé d'une jambe, perçoit une pension d'invalidité. Reclassé comme pontonnier il se consacre à organiser la défense des intérêts des ouvriers. Il est aussi trésorier du syndicat.
Chassés par la guerre et par le front qui se rapproche, les ouvriers des aciéries et leurs familles sont évacués. Une partie s'installe à St Germain du Puch et les communes environnantes. Complètement démunis, il faut organiser en Gironde une nouvelle vie. Quoique dissoutes, les organisations ouvrières demeurent, les militants non mobilisés s'organisent rapidement pour prendre contact avec les autorités pour favoriser les démarches. La solidarité ouvrière prend là toute sa signification.
Arthur est au premier rang. Les services de police s'apercevront plus tard qu'il est "un vieux communiste actif. l'homme de confiance du Parti Communiste illégal".
Connu et apprécié de tous les réfugiés il a leur confiance et rapidement cette petite colonie de réfugiés s'administre sans l'intervention directe de la préfecture. Les services administratifs de ta préfecture apprécient particulièrement cet homme dévoué sachant surmonter les difficultés, avec lequel les différends se solutionnent au mieux.
Lorsqu'en avril 1942 Arthur pose sa candidature au poste de contrôleur aux réfugiés, l'avis favorable donné par les services arrive sur le bureau du secrétaire général du préfet. Le 1er mai il est nommé à ce poste, appointé 2000 Fr, un bon salaire, on lui délivre un permis de circuler avec un véhicule automobile car les réfugiés sont répartis dans le département. Il occupe une position idéale pour développer ses activités au service de la résistance (liaison entre les groupes, transfert de journaux et de tracts illégaux), Jonet profite de sa situation pour découvrir des instructions préfectorales utiles à la Résistance.
Mais le secrétaire général (qui est-il ?), veille, il demande à la police le dossier de Jonet et un rapport sur celui-ci, il apprend alors son activité syndicale durant la période légale, la surveillance se resserre. Le 1er septembre 1942 il est arrêté. La police n'apprendra rien de lui sinon que "à la Préfecture de la Gironde, a mis au courant le PCF des directives secrètes données pour combattre le communisme".
Arthur JONET est fusillé le 21 septembre 1942 à l'âge de 43 ans au camp militaire de SOUGE en Gironde.
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