JULIEN René


- Né Ie 26 octobre 1920 à Coutras - Gironde.
- Demeure rue du camp de César à Coutras.
- Arrêté le 23 juillet 1941, incarcéré au Fort du Hâ.
- Fusillé le 24 octobre 1941 à I'âge de 21 ans, numéro 19 sur la liste générale des fusillés.

René, très jeune, baigne dans l'environnement des luttes sociales et politiques des années trente, par son père, militant syndical et communiste, par le milieu cheminot qui l'entoure aussi bien au club sportif où il pratique le basket qu'aux Auberges de la jeunesse.

Il est secrétaire du groupe des Jeunesses communistes de Coutras depuis plusieurs années lorsque est dissout le Parti communiste. Il a suivi de près et a été actif avec son groupe dans toutes les manifestations antifascistes, pour la réalisation du front populaire et le soutien aux grévistes durant les grèves en 1936, Très rapidement, son groupe s'organise dans la clandestinité et assure la diffusion du journal "l'Avant-Garde".

- La police spéciale de Poinsot, alertée par le sous-préfet de cette activité "illégale" procède à une perquisition en mai 1940. Elle découvre dans la chambre de René, divers documents, journaux, brochures, datant de la période légale. C'est un motif suffisant pour son arrestation et sa condamnation à six mois de prison par le tribunal de Libourne pour "détention d'archives des Jeunesses communistes". Il fait appel de ce jugement et la cour d'appel de Bordeaux en délibère au début d'août en pleine débâcle, En raison sans doute de la grande confusion qui règne dans les milieux administratifs et la population, la cour décide la relaxe. René recouvre la liberté le 7 août,

Il se voit alors confié la responsabilité régionale des Jeunesses communistes. Il s'installe à Bordeaux et travaille comme plâtrier dans une entreprise du bâtiment.

- L'activité communiste se poursuit à Coutras et à Libourne et sur instance du sous-préfet, le 17 février 1941, le préfet signe pour René une assignation à résidence surveillée. Lorsque la police se présente à son domicile, il a pris le large et prend le nom de Roger Jantet,

Il échappe une deuxième fois à l'arrestation et devient Marc Fleury, il parcourt Ia Gironde, Ies Landes, la Charente, la Charente-Maritime, pour organiser la Jeunesse communiste et stimuler la résistance.

Il est en contact avec le groupe gaulliste du professeur Auriac et les auberges de la jeunesse, toujours légales, autour desquelles se regroupent des jeunes désireux de participer à la Résistance.

L'approche du 14 juillet suggère une action patriotique spectaculaire dont la jeunesse serait le fer de lance. René multiplie les contacts avec les jeunes gaullistes et les Auberges. Malheureusement, alors qu'il est à un rendez-vous au café de la place Saint-Projet, à Bordeaux, l'inspecteur Laffargue le reconnaÎt. Il est arrêté. Durant ses interrogatoires, malgré les coups et la torture, il ne faiblit pas, il reste muet. Il déclare à ses bourreaux "qu'à ses yeux, seul comptait le triomphe du Parti communiste et qu'à cette fin, il était prêt à tous les sacrifices".

Le commissaire spécial Poinsot, dans son rapport au préfet régional, transmis à l'avocat général, au conseiller Cruz, au capitaine Hagen, livre ses convictions :
"De toute évidence, et sans que le moindre doute puisse exister, Julien est un responsable dont la seule existence constitue une menace grave dans les conjonctures actuelles".

"La moindre mansuétude à son égard constituerait aux yeux des autres militants un encouragement, étant donné que les charges relevées contre lui, que son . . .
mutisme ne sauraient amenuiser au contraire, sont particulièrement graves et le désignent comme étant un agent bolchévique de premier plan".

René est déféré devant la commission spéciale le 12 septembre 1941, il est condamné à 15 ans de travaux forcés et 20 ans d'interdiction de séjour, à 1'aube de ses 21 ans.

René Julien est fusillé le 24 octobre 1941 au camp militaire de Souge.