LABROUSSE Fernand Pierre

- Né Ie 1er mars 1909 à Saint-Médard-en-Jalles - (Gironde).
- Demeure Cours Aristide-Briand au Bouscat - Gironde, interné le 24 novembre 1940.
- Fusillé Ie 24 octobre 1941, 32 ans, numéro 5 sur la liste générale des fusillés.

Dans ce bourg de Saint-Médard-enJalles, chaque famille a une attache à la poudrerie, cette grande entreprise née au 17e siècle. La tradition syndicale y est fortement marquée. On y parle fréquemment de ce qui se passe à la poudrerie, les anciens racontent ces manifestations et grèves mémorables.

Dans ce climat Fernand apprend le métier d'ajusteur mécanicien et vient s'établir au Bouscat avec son épouse dont il a deux enfants.

En pleine bataille contre la guerre et le fascisme, pour 1'unité syndicale, pour le front populaire, il adhère au Parti communiste début 1935.

11 prend une très grande part aux campagnes électorales pour les municipales et les législatives qui assurent la victoire du front populaire. Il est le candidat du Parti communiste aux élections cantonales en 1937 à Saint-Médard-en-Jalles. 11 collabore à la rédaction du journal "La Gironde Populaire" créé le 1er janvier 1937 par la Fédération du Parti communiste, dont il devient membre du bureau régional.

Le 20 octobre 1937, il est embauché à la SNCASO à Bègles Gironde. Il y contribue à développer 1'organisation du Parti communiste tout en participant à l'action syndicale. En juin 1938, il est muté à la SNCASO à Bordeaux Bacalan où il donnera la pleine mesure de ses qualités de propagandiste et d'organisateur lors de la grève nationale du 30 novembre 1938. La grève est interdite, les gardes mobiles dès 5 heures du matin vont chercher à leur domicile les conducteurs de tramways et les obligent à faire sortir les trams avec un garde mobile sur chacun d'eux.

- L 'usine de la rue Blanqui est cernée, des échauffourées se produisent, la grève a lieu quand même mais la répression frappe durement, Fernand est licencié.

Sensible aux idées et traditions mutualistes et coopératives, Fernand s'est occupé de la coopérative métallurgique Bordelaise. Il devient le secrétaire permanent du conseil d ' administration .

Mobilisé le 20 octobre 1939, il est libéré de ses obligations le 14 août 1940, il s'installe comme artisan au Bouscat, ce qui lui laisse une plus grande liberté de mouvement pour développer l'activité illégale du Parti communiste dont il est l'un des dirigeants Gironde. Il s'emploie à réorganiser l?activité illégale à la SNCASO à Bacalan puis dans les autres entreprises. Son beau-frère Garat lui servira d'intermédiaire pour renouer avec ses anciens copains Carrioux, Carasset; Nouaux.

La police a toujours suivi sont itinéraire le 14 octobre 1940 il est perquisitionné et interné avec les 148 militants communistes.

Impliqué dans un réseau clandestin et incarcéré au Fort du Hâ le 12 décembre 40, le tribunal correctionnel de Bordeaux le condamne à six mois de prison le mars 1941.

Libéré en juin, il est à nouveau dirigé sur camp de Mérignac et en raison des antécédents rejoindra la baraque des otages.

- Le Préfet transmet son dossier à la feldkommandantur où sont notées les appréciations du Commissaire spécial Duclos :

"Il était à Bordeaux un des hommes de confiance de la Direction centrale".

"Il a également joué une influence très efficiente près des jeunesses communistes en donnant des directives pour leur propagande et leur action".

"Bien connu dans les milieux syndicalistes non communistes, il était considéré comme un homme intelligent, très actif, jouissant d'une influence et d'une autorité réelle parmi les dirigeants du Parti communiste".

"En raison même du rôle occulte qui lui était imparti sur un plan strictement objectif et dans l'organisation intérieure du Parti communiste à la région de Bordeaux, Labrousse apparaît comme un élément très dangereux".

Il est fusillé le 24 octobre 1941 au camp militaire de Souge en Gironde .