LAVAL Alban

- Né le 12 février 1883 à Figeac - (Lot).
- Demeure 35, rue Ernest Renan à Bègles - Gironde.
- Arrêté le 8 juin 1941, interné au camp de Mérignac.
- Fusillé le 24 octobre 1941 à 58 ans, numéro 24 sur la liste générale des fusillés.


Alban vient se fixer à Bègles en 1918 après la démobilisation. Dès 1920, il entre comme perceur sur métaux à la SATM à Bègles, rue Ferdinand Buisson, à l'emplacement de l'actuelle Cité Maurice Thorez. Cette entreprise procède à la réparation des wagons de voyageurs de la SNCF. Pendant 18 ans, sa vie sera réglée par la sirène de l'usine. Un quart d'heure avant l'embauche, elle retentit pour appeler les ouvriers et une deuxième fois pour les inviter à travailler. Le soir, à nouveau, à trois kilomètres à la ronde on sait qu'il est 18 heures.

- Il adhère au syndicat de la CGT unitaire des métaux. Toujours aux avant-postes pour défendre les intérêts des ouvriers, se fait particulièrement remarquer durant les manifestations anti-fascistes, notamment celle du 8 février 1934 à Bordeaux et la grève du 12 février 1934. Il a adhéré en 1930 au Parti communiste, précisément dans une période où l'inquiétude grandit. Mussolini est installé en Italie, Hitler s'agite en Allemagne, les ligues sont actives à Bordeaux.

- La cellule communiste se réunit au bar Henry, rue Ferdinand Buisson et, en raison de l'audience acquise parmi les ouvriers métallurgistes, Alban est candidat aux élections municipales à Bègles en 1935.

- En 1936, il est un dirigeant, durant l'occupation de l'usine, le patron ne sera pas à l'aise pour résister, selon les directives patronales, à la signature de la convention collective. Alban ne s'en laisse pas compter, les promesses ne sont rien, il veut l'inscription dans le texte de la convention collective de toutes les garanties arrachées. Aussi, lorsque après la grève générale du 30 novembre 1938, brisée par la répression, la bourgeoisie Française donnera le signal de la chasse aux militants, il est immédiatement licencié. D'ailleurs, l'inspecteur de police chargé, le 20 janvier, de faire un rapport au préfet, y fera référence : "Il a été renvoyé de chez son ancien employeur la SATM, rue Ferdinand Buisson à Bègles, pour ses opinions politiques". "Communiste acharné et partisan de l'action directe, il a été souvent à l'origine de perturbations dans l'entreprise". "En 1938, il avait été congédié en raison de ses sentiments extrémistes".

Alban a trouvé du travail à l'entreprise Carel-Fouché et Cie de nettoyage de wagons de la SNCF, comme laveur. L'inspecteur de police, voulant continuer son "oeuvre de salubrité publique", donne des conseils au préfet : "Employé depuis 18 mois par la maison Carel, il ne s'est pas fait remarquer par une action ouverte". "Cependant sa présence dans une entreprise travaillant pour le compte d'une administration de l'Etat, ne semble pas être dans le cadre du relèvement entrepris". "Dans ces conditions, et en raison des sentiments politiques non équivoques de Laval, j'estime qu'il y a lieu de demander à son employeur d'envisager son remplacement".

Le préfet s'exécute le 5 mars, à l'adresse du "Directeur des bureaux ambulants Gare Saint-Jean" en désignant Laval Alban et Esparles Louis : "J'estime que ces employés, adhérents à l'ex-parti communiste, ne présentent pas, en raison de leur passé politique et leurs opinions actuelles, toutes les garanties désirables pour travailler pour le compte d'une administration de l'Etat". "Je vous serais obligé, en conséquence, de bien vouloir demander à la maison CareI-Fouche et Cie d'envisager le remplacement de ces deux ouvriers".

Une lettre anonyme est parvenue au commissaire de police de Bègles dénonçant Alban comme "se livrant à une propagande communiste", celui-ci propose son arrestation en représailles à "l'acte de sabotage au poste de transformateur SNCF à Pessac".

lI est arrêté le 8 juin 1941, interné au camp de Mérignac .

Le préfet le signale comme un "extrémiste dangereux" qui avait conservé toute foi dans la doctrine communiste. "Il évite également toute déclaration de loyalisme concernant le gouvernement du Maréchal Pétain".

Alban Laval est fusillé le 24 octobre 1941 au camp militaire de Souge.