
LEJARD Roger
- Né Ie 21 août 1911 à Arrudy - Pyrénées-Atlantiques.
- Demeure 47 rue de la République à Bègles.
- Arrêté Ie 10 décembre 1940, interné au camp de Pichey Mérignac.
- Fusillé Ie 24 octobre 1941 à 30 ans, numéro 30 sur la liste générale des fusillés.
Roger vit avec sa mère, âgée de 70 ans. Elle a eu 12 enfants, l?ainé a été tué à Verdun en 1916, le dernier est prisonnier de guerre. Une fille est venue se réfugier sous le toit maternel avec ses deux enfants 8 ans et 11 ans, car son mari a été tué dans le Doubs au cours d'un engagement avec les troupes allemandes.
Roger assure la subsistance à toute cette famille complètement démunie à la suite de son arrestation.
Il est mouleur sur métaux mais travaille comme manoeuvre à la Brasserie de l?Atlantique, sur les quais, à Bègles. Depuis 1936, il a des responsabilités au syndicat des brasseries et adhère à la cellule du Parti communiste de l'entreprise. Il milite plus activement à la cellule du quartier de Saint Maurice à Bègles où il se consacre à la propagande, et tous les dimanches matins, il vend "L'Humanité" au porte à porte ou à la criée.
Le commissaire de police de Bègles le désigne comme "un ex-communiste, militant actif, particulièrement dangereux".
Sa mère demande au préfet sa libération car elle ne sait plus comment nourrir ses deux petits-enfants. L'inspecteur Lafargue interroge à nouveau Roger pour lui faire part de cette démarche. Il rédige ensuite son rapport le 31 mars. Après avoir rappelé les appréciations du commissaire de police de Bègles, il ajoute dans sa conclusion : "en tenant compte de son manque de loyalisme et de sincérité, il n'y a pas lieu d'envisager pour le moment sa libération".
Le 13 juin sa mère écrit à nouveau au préfet : "Elle n'a plus rien pour s'habiller, ses chaussures sont complètement usées, ses effets n'en ont plus pour longtemps, elle n'a plus de flanelles". "Elle sollicite des chaussures et des flanelles".
Le 6 août, nouvelle lettre au préfet : "son fils a usé ses vêtements au camp, elle ne peut lui en acheter, elle demande au préfet de le remettre en liberté, soit de faire le nécessaire pour l'habiller".
Le 14 août, I'inspecteur Lafargue donne à nouveau son avis : "Lejard ne manifeste actuellement aucun sentiment de loyalisme digne d'être mentionné. Son attitude au camp de Mérignac reste douteuse". "Vu ce qui précède il ne semble pas possible de prendre sa requête en considération".
Le préfet transmet à la feldkommandantur les appréciations du commissaire de police de Bègles et de I'inspecteur Lafargue.
Roger Lejard est fusillé le 24 octobre 1941 au camp militaire de Souge.
