Le groupe Marc

Le Corps-Franc de Libération Nationale « Marc » (Lucien Nouaux)

Les documents qui peuvent être consultés ci-contre (« annuaire Marc » document pdf, cliquer pour l’ouverture) et ci-dessous (parachutage à Lacanau de Mios), nous ont été communiqués par Monsieur Claude Laroche, neveu d’André Baudon qui préside l’Association entretenant le Souvenir du groupe Marc.

Annuaire du groupe Marc, établi par Raymond Trausch.

annuaire_MARC

« Parachutage à Lacanau de Mios

    Vers la fin du mois de juins 1944, le Corps Franc « MARC », reçut un parachutage aux environs de Lacanau de Mios. La réception fut assurée par l’équipe d’Arcachon de Fernand (Bazergue) sous le contrôle de Christian (Campet) du S.O.E. Le Corps Franc était représenté par Raymond (Trausch) et le transport effectué par l’artisan (Waliez).
Ce parachutage se déroula suivant un scénario bien rodé, répartition des tâches, protection et préparation des feux destinés à baliser la zone de largage.

    L’attente fut longue et ce ne fut qu’en fin de nuit que l’avion arriva. Les feux furent allumés, le signal de reconnaissance envoyé par la lampe torche. Le largage du matériel commença. Deux parachutes ne fonctionnèrent pas (un container et une panière). Tout fut regroupé et le chargement put commencer.

    Le camion ne put emporter que la moitié du matériel parachuté, les containers restant furent enterrés sur place.
Huit jours plus tard et après mise en état du premier lot, je reçus en tant que responsable du dépôt du Vigean, l’ordre d’aller chercher le reste du matériel. Cette mission n’était pas de tout repos, l’ennemi ayant pu découvrir le lieu et tendre une embuscade. Je pris donc la décision d’amener trois mitraillettes et des chargeurs afin d’éviter d’être capturé stupidement. Cette précaution faillit se retourner contre nous.

    Après nous être retrouvés, René (Bideau), le sportif (Baron) et moi-même à l’entrepôt de Waliez, nous primes la route de Lacanau de Mios. Waliez au volant et René dans la cabine, le sportif et Charles (moi-même) sur le plateau du camion, on en profitait pour casser la croûte assis sur la panière du bois pour le gazo où étaient camouflées les mitraillettes. Désagréable et inattendue surprise en traversant le village de Lacanau de Mios. Les allemands y avaient installé un détachement qui n’y était pas lors du premier transport. Une barrière à bascule fermée devant et une se refermant derrière. Pendant qu’un soldat nous tenait en respect, un autre montait pour inspecter le camion, et nous dit quelque chose en allemand, peut-être « bon appétit », sans nous faire lever pour regarder dans la panière … Ouf ! Et nous repartîmes.

    En arrivant sur la zone de parachutage, une surprise de taille nous attendait. Tout avait été déterré et laissé, containers ouverts en plein air. Les toiles des parachutes avaient été emportées, les suspentes coupées laissées sur le sol. Les pistolets Colt avaient été dérobés, les emballages restant sur place ainsi que le papier d’aluminium des plaques de chocolat, petit cadeau habituel. Ceci n’était pas l’œuvre de maquisards car trois blousons américains n’avaient pas trouvé preneur.

    Abandonnant les containers, nous chargeâmes le matériel, les munitions, le plastic, etc. sur le camion et nous recouvrîmes le tout de bois. Le jour finissait de se lever et il était temps de prendre la route. Le ventilateur fut mis en marche pour activer le gazo qui refusa de démarrer. Ah ! le bruit de sirène du ventilo sur cette lande où trainaient des lambeaux de brume. On devait l’entendre à des kilomètres à la ronde. Avant que les batteries soient à plat, nous nous aperçûmes que l’épurateur avait été crevé lors d’un choc contre une souche. J’effectuais une réparation de fortune en bouchant le trou avec du plastic (explosif) maintenu par un magnifique pansement américain fixé par une non moins superbe épingle chromée. Cette réparation était encore en place à la Libération.

    Il ne nous restait plus qu’à rentrer en évitant les barrages. Justement en approchant de Bordeaux, nous nous aperçûmes que les barrières (les boulevards étaient gardées. En passant par de petits chemins, nous finîmes par arriver au dépôt du Vigean.
Nous pouvions nous mettre au travail, il y avait du dégraissage à faire. »

Texte de Louis Chalifour dit Charles ou l’armurier ou l’artificier