Les activités de l’Association

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Les cérémonies commémoratives

Dès l’automne 1944, par une manifestation à l’appel de la CGT, un premier honneur est rendu aux fusillés dans les rues de Bordeaux. Depuis, chaque année, à l’initiative de l’association, une cérémonie principale leur rend hommage, sur les lieux des fusillades au camp militaire de Souge (commune de Martignas-sur-Jalle), le dimanche le plus proche du 24 octobre, ce jour de 1941 où s’est déroulée la première fusillade massive.

Aujourd’hui, les familles et les organisations fondatrices se recueillent toujours à la « Première enceinte » où furent fusillés les cinquante otages du 24 octobre 1941,mais les honneurs militaires et civils sont concentrés sur le Mémorial érigé tout près de la « deuxième enceinte » où furent passés par les armes les autres sacrifiés. Deux gerbes sont également déposées à Martignas sur Jalle, l’une au monument aux morts de la ville, l’autre sur la stèle honorant le Corps-Franc Pommiès et les fusillés de Souge.

Chaque année, l’Association se fixe comme objectif d’aborder un aspect particulier de ces fusillades.

23 octobre 2016 :

Allocution de l’Association du Souvenir des Fusillés de Souge, prononcée par Jean Lavie.

L’objectif de notre cérémonie annuelle, ici, devant ces bûchers, est de rendre hommage aux 256 victimes des nazis fusillées dans ce camp de Souge entre le 27 août 1940 et le 1er août 1944. Victimes identifiées et honorées, dans toutes leurs diversités, de nationalités, d’âges, d’origines géographiques, professionnelles, idéologiques, d’engagements et d’actions dans la Résistance face à l’envahisseur et au gouvernement de Vichy.

2016 est le 75ème anniversaire de la 1ère fusillade massive, le 24 octobre 1941 où tout près d’ici, dans ce que nous appelons la 1ère enceinte, 50 corps de fusillés ont été enfouis dans une fosse commune, pendant 3 trois ans, avant que les familles ne soient invitées à venir reconnaître les leurs à l’automne 1944. Un hommage sera rendu tout à l’heure sur ce premier site de fusillades et chacun est invité à y participer.

Si au fil des cérémonies annuelles du cycle du 70ème anniversaire nous avons évoqué chaque fusillade, l’identité, les engagements divers et multiples, les actions de ces patriotes résistants, nous vous proposons cette année, d’évoquer la nature des décisions allemandes qui ont conduit les victimes au poteau. Notre tâche, en effet, nous paraît être, outre de rendre hommage aux fusillés, de faire mieux connaître cette période et de faire mesurer ce qu’une société est à même de produire si elle s’écarte de l’humanité et des valeurs qui s’y rapportent.

A notre connaissance car les recherches continuent, on peut distinguer trois types de décisions : la désignation d’otages, les condamnations du tribunal allemand, les fusillés sans jugement sur décision d’une autorité pas toujours identifiée.

S’agissant des otages replongeons-nous dans le contexte.

Nous sommes au début de l’été 1941, les premières hésitations et les premières difficultés d’organisation de la Résistance sont dépassées, les mouvements de Résistance, d’essence, patriotique, gaulliste, socialiste, catholique, anglaise, font plutôt de la propagande et du renseignement, les communistes en appellent plutôt à la propagande et au harcèlement contre les installations et les soldats allemands, les juifs déjà recensés pourchassés, déportés, étant présents dans tous ces mouvements.

Après plusieurs escarmouches début août, l’aspirant de la Kriegsmarine Moser est abattu le 21 août dans le métro parisien, par celui qui deviendra le colonel Fabien de l’Organisation Spéciale. Hitler demande des représailles mais estimant que ses représentants parisiens ne vont pas assez loin, édicte, sous la signature du Maréchal Keitel, la politique et le « code » des otages. Pour un soldat allemand tué, 50 à 100 otages seront fusillés. De son côté, Vichy, par un décret publié au Journal officiel le 23 août 1941, crée les Sections Spéciales. Ce sont des tribunaux bafouant tous les droits des accusés, et ayant pour objectif unique de réprimer « les activités communistes et anarchistes » comme le précise l’article 1 du dit décret.

125 otages ont été fusillés à Souge soit quasiment 50% du total des victimes, à trois moments différents.

50 le seront le 24 octobre 1941, en représailles de l’assassinat de l’officier allemand Reimers à Bordeaux, les 5 du groupe dit « des postiers » le seront le 30 avril 1942 en représailles d’un attentat contre un train de permissionnaires allemands à Caen, 70 le seront le 21 septembre 1942, en représailles de l’attentat contre le cinéma le Rex à Paris, Paris ne disposant pas, à ce moment là, à Romainville, d’un nombre suffisant d’internés.

La confection des listes répond aux consignes du « code » des otages : les premiers responsables du parti communiste d’abord mais aussi les distributeurs de tracts quels qu’ils soient. Ce sont les allemands qui fixent la liste des sacrifiés, détenus soit à Mérignac Beaudésert, soit au Fort du Hâ, mais sur proposition de la police de Vichy. Ce qui fera dire au commissaire Poinsot : « Si c’était moi qui avait arrêté la liste certains n’y auraient pas été, mais d’autres oui ». Ainsi, détenus à l’origine pour délit d’opinion, parfois supposé, internés sans charges réelles, sans être condamnés, ils ont été fusillés. Remarquons également le choix des allemands d’intégrer dans la liste autour d’une majorité de communistes, des gaullistes et au moins un jeune connu pour son appartenance à la jeunesse socialiste et ce afin d’atteindre toutes les Résistances. Le compte-rendu d’exécution du 21 septembre 1942, publié en français sur notre site, montre bien que ces hommes savaient ce qui les attendait quand on leur a donné du papier et un crayon pour écrire une dernière lettre à leur famille.

Mais la politique des otages mise en œuvre pour faire peur à la population ne produit pas l’effet escompté et elle sera abandonnée fin 1942. Cela ne va pas pour autant signifier un arrêt des massacres, mais, dorénavant, et en 1944 en particulier, ils seront moins « médiatisés, comme l’on dit aujourd’hui.

S’agissant des condamnés par le tribunal allemand à Bordeaux K 529 mais aussi par celui de La Rochelle déplacé à Bordeaux début 1944, nous en dénombrons 77.

Les allemands ayant emporté ou brulé nombre de leurs archives nous disposons de peu d’informations sur celles-ci, tout au plus connaît-on le motif de la condamnation car celui-ci était communiqué aux autorités françaises.

Pour un tiers d’entre eux ce sont des condamnations individuelles pour possession d’armes, et/ou activités anti-allemandes (Israël Karp notamment) ou plus précisément de résistance qualifiée quelquefois de « franc-tireur ».

Pour les groupes les informations sont plus précises. Les six des Services Spéciaux de la Défense Nationale et les quatre du réseau Jove liés à l’Intelligence Service sont condamnés pour espionnage, les six soviétiques le sont pour rébellion.

Pour le groupe de Charente Maritime Honneur et Patrie, lié à l’OCM et à Libération Nord, 20 fusillés le 11 janvier 1944 et 1 le 1er février. Le témoignage de l’avocat des victimes permet de rappeler les tortures auxquelles elles ont été soumises et la parodie de procès, sans droits pour les prévenus, pieds et mains liés durant celui-ci.

Pour les 17 fusillés du groupe FTP Bourgois, c’est un écho de presse publié le 20 février 1944 qui nous indique les motifs de condamnation. Ils ont :

« assassiné une sentinelle allemande, mis le feu à des logements de soldats, commis des attentats contre les chemins de fer de la région ».

Enfin s’agissant des 54 fusillés conduits au poteau sans jugement ou autre décision que celle d’un officier allemand, on compte, les 7 israélites ramenés de Dordogne et les 47 victimes de la fusillade du 1er août 1944. Cette fusillade dont on ne sait pas encore qui en a été l’instigateur et qui avait dû être reportée du 31 juillet au 1 er août, le peloton d’exécution du 31 juillet ayant refusé d’obtempérer au prétexte de ne pas connaître l’autorité ordonnatrice.

En conclusion, en cette période où l’idéologie du rejet de tout ce qui est différent nourrit de sombres desseins et cache souvent une absence de volonté de s’attaquer aux vrais conditions économiques et sociales de construction « du vivre ensemble », sachez que notre association, dans toute sa diversité, convaincue que le travail de mémoire éclaire l’avenir, inlassablement poursuit son action. Elle le fait ces jours-ci en présentant sa nouvelle exposition que vous avez pu remarquer à l’entrée du Mémorial. Cette exposition, sous une forme modernisée, répond à notre volonté d’honorer tous les fusillés. Mais au delà de notre travail de recherche, celle-ci, ainsi que la rénovation de notre site n’ont pu être montés et réalisés que grâce à l’engagement financier d’élus et de collectivités. Qu’il nous soit permis très solennellement de remercier ici, particulièrement, Mme Récalde, Mr Anziani et le conseil municipal de Mérignac, le Conseil Régional d’Aquitaine, et aussi, le Conseil Départemental de la Gironde, ainsi que les municipalités de Bordeaux, Bègles, Lormont, Eysines, Le Haillan, Saint Médard en Jalles, Villenave d’Ornon, et Floirac.

Nous tenons cette exposition à disposition et comptons sur vous tous pour nous aider à la présenter dans un maximum de lieux, et ainsi faire encore mieux connaître l’histoire des fusillés de Souge et faire réfléchir chacun aux exigences de la construction d’un avenir, où tous, dans leurs différences, pourraient vivre en paix.

Merci de votre attention.

25 octobre 2015

Allocution de l’Association du Souvenir des Fusillés de Souge, prononcée par Pierre Bordas

Il est des moments ou l’actualité interpelle fortement le travail de mémoire. Cette année 2015 est un de ces moments. Rappelons nous début janvier, les attaques contre le journal Charlie Hebdo à Paris, contre le magasin Hyper Casher Porte de Vincennes, et de la fusillade volontaire de journalistes, de policiers, de juifs, ainsi que d’autres personnes dont un arabe qui travaillaient dans les lieux attaqués.

Nous savons combien sont déjà morts, pour défendre des idées, des êtres humains avec leurs différences, pour nous engager résolument pour la tolérance, pour les valeurs républicaines, pour le mieux être de tous, contre la xénophobie, le racisme, l’antisémitisme, contre tout intégrisme.

C’est ce contexte, caractérisé également par la montée des extrêmes droites en Europe notamment, qui nous conduit à évoquer encore une fois toutes les victimes fusillées dans cette enceinte, avec cette année un regard particulier sur ceux d’entre eux qui étaient étrangers.

Le 1ier des fusillés est Israël Karp. Le 24 août 1940, au passage de la garde d’honneur allemande allant hisser le drapeau, il « se précipite en brandissant un bâton contre le tambour major et les musiciens militaires » selon le stadtkommandant. Des témoins, eux, n’ont vu qu’un homme brandissant le poing. Qui était-il ? Il semble qu’il soit né en Pologne. Il aurait participé à la guerre 14-18 dans les rangs français. Pouvait-il être l’un des marchands ambulants qui, avant la guerre, s’installaient à l’entrée du camp militaire de Souge ? Etait-il ce colporteur vivant en Belgique depuis 1922 et qui aurait fui devant l’avance allemande ?

Français ? Étranger ? Peu importe. Nous ne sommes pas certains de tout mais sur la base de l’acte de naissance ou de fiche de police, 27 des 256 fusillés étaient considérés comme étrangers soit 11% à peu prés : 9 espagnols, 6 soviétiques, 4 italiens, 2 polonais, 2 allemands, 1 roumain, 1 hongrois, 1 haïtien et 1 d’origine inconnue.

S’agissant des espagnols, (José Figueras, les frères Robert et Denis Garcia, Vincent Gonzales, Jacques Palacin, Jean Rodriguez, Joseph Uschera, Lucien Vallina, Léandro Vigil), beaucoup sont venus après la guerre civile où ils avaient déjà combattus le fascisme de Franco. C’étaient des combattants de la liberté confirmés, ils ont continué ici, naturellement. D’autres étaient là depuis plus longtemps, ayant fuit la misère des guerres économiques. Certains sont retournés en Espagne combattre pour la république et revenus en France pour poursuivre le combat, comme Lucien Vallina.

Sur les 6 soviétiques, il reste beaucoup d’interrogations sur leurs noms, leurs lieux de naissance. Incorporés dans l’armée allemande, ils sont envoyés la renforcer à Soulac. Après guerre, le rapport établi par le chef de bataillon Cadalen révèle que c’étaient des agents travaillant contre l’Allemagne, décidés à éliminer les sous officiers de son armée. Dénoncés, ils ont été condamnés à mort, 4 furent fusillés à Soulac et 6 autres ici, le 9 mai 1944.

Comme les espagnols, les italiens soit étaient là depuis longtemps ayant fuit la misère soit après avoir combattu le fascisme mussolinien. Ils ont poursuivi leur combat avec le peuple français, au sein des Francs Tireurs Partisans Main d’œuvre Immigrée pour trois d’entre eux, Guisto Carione, Guiseppe Montanari et Werter Saïelli, au sein de l’Armée secrète pour Emilio Perrin.

Le deuxième fusillé polonais (Stalisnas Ryps) a été arrêté en essayant de faire passer en Espagne un aviateur anglais tombé dans les Côtes du Nord.

Le 13 octobre 1944, place du Capitole à Toulouse, les autorités et une foule considérable ont rendu hommage au résistant du Mouvement National de Libération, Nadler Litman, né en Roumanie, étudiant en médecine, et appelé Dr Madeleine.

Réfugié de Strasbourg, un hongrois (Martin Wittemberg) sera fusillé après avoir été arrêté dans un village martyr de Dordogne, St Michel de Double, comme Eugène Strauss, alsacien né en Allemangne. Ils font partie, avec Fortinsky Jean Michel dont nous ne connaissons pas le lieu de naissance, des 7 israélites sacrifiés et identifiés comme tels sur les listes de fusillades.

Il était né à Haïti Loulou, (Louis Rochemont), dont la femme tenait un commerce à Bègles. Syndicaliste à la CGTU, il vend l’Humanité le directeur de la CENPA le confirme à la police de Vichy, « A aucun prix, je ne le reprendrai dans mon usine », « il professait des opinions communistes ».Il est fusillé comme otage le 24 octobre 1941.

Enfin Alphonse Fellmann, né à Fribourg et réfugié dans le médoc, appartenant au maquis de Vignes Oudides sera fusillé à 21 ans le 1 août 44.

Ainsi, gaullistes, socialistes, juifs, communistes, chrétiens, sans engagement particulier, ces combattants antifascistes, étrangers, ont contribué à redonner sa liberté à notre pays.

La liberté et plus, car grâce à leur sacrifice, la société française sera aussi plus humaine et pourra, par exemple, mettre en œuvre, le programme du Comité National de la Résistance, la Sécurité Sociale, dont nous fêtons cette année le 70ième anniversaire. Pouvoir se soigner suivant ses besoins, payer suivant ses moyens, cet acquis de la libération, c’est aussi un résultat de leur engagement.

Les fusillés de Souge furent donc à l’image de ce que fut la résistance dans toute sa diversité, à l’image de la France. Des femmes et des hommes, refusant la haine et la barbarie, relevant la tête pour construire un autre avenir à notre pays.

Depuis l’automne 1944, année après année, des hommes et des femmes viennent rendre hommage aux fusillés. Cet hommage n’est pas seulement celui à des morts même si c’est important. C’est un hommage à leur combat, à une idée du genre humain, à une certaine idée de la France.

La France a été une terre d’asile pour des générations d’immigrés poussés par la misère, les guerres. Notre pays est riche des migrations successives qui font notre peuple tel qu’il est aujourd’hui.

Pour terminer, après beaucoup d’hésitations, je vais vous faire part de souvenirs, personnels. Pour une association mémorielle, quoi de plus normal après tout.

Après l’arrestation de mon grand père, ma grand-mère et ma mère allaient chaque semaine au fort du Hâ où il était incarcéré. Elles lui amenaient des vêtements propres.

Elles essayaient de le voir, d’avoir des nouvelles. En fait, de nouvelles, elles recevaient en échange du linge propre, le linge de la semaine écoulée.

Mon grand père était, tous les 2 ou 3 jours, extrait de sa cellule pour être interrogé par le commissaire Poinsot et ses sbires. Etre torturé pour parler clair. Et le linge de la semaine était déchiré, maculé de sang et de pus. Ceci jusqu’à ce qu’il soit transféré à Mérignac, puis venir ici, et y être fusillé.

Une semaine, dans les plis du linge, ma grand-mère a trouvé un message griffonné « Sauve-toi. Ils veulent te déporter. ».

En effet, vous avez vu la stèle, en passant, les allemands déportaient les femmes de fusillés, beaucoup y sont mortes. Les enfants étaient dispersés.

Aussi ayant lu ce message, ma grand-mère, 30 ans, a pris ses enfants par la main et a gagné la zone libre vers Bazas. A pied, sans le sou. Ils étaient affamés, dormaient dehors. L’armée allemande les a repoussés une fois. Ils ont fini par passer. Ma mère, 10 ans, à l’époque, avait de la fièvre. Le pharmacien a refusé de donner les médicaments, même en échange de la bague de ma grand-mère.

Lorsque je vois des enfants, des femmes, des hommes à nos frontières. Je me dis que c’est nous, hier.

Il n’y avait pas de mer à traverser.

Les fusillés sont morts pour la liberté certes mais aussi pour un monde plus humain, plus fraternel, un monde de paix.

Soyons dignes d’eux. Merci

26 octobre 2014

Le cycle des commémorations du 70ème anniversaire des fusillades 1940-1944 s’achève.

Comme prévu, la publication du livre « Les 256 de Souge », dans la lignée des Hommages aux victimes de 41 et 42, écrits par Georges Durou et Henri Chassaing en 1990, donne des biographies, complétées ou nouvelles, pour la très grande majorité des fusillés.

Ce long travail de recherche et de rédaction, réalisé collectivement par des animateurs du comité, donne à notre association une ambition nouvelle pour le travail de mémoire.

En effet la vision plus complète de leur histoire nous permet d’être l’Association du Souvenir de tous les fusillés, tant leurs parcours sont singuliers, et nous situent dans les différentes périodes de la guerre.

L’histoire d’Israël Karp ou de Lucien Mourgues indique bien que dès leur arrivée les allemands voulaient signifier à la population qu’ils ne tolèreraient aucune contestation de leur autorité.

La répression des communistes, (qui représenteront un peu plus de 50% des fusillés), par Vichy d’abord, avec la reconstitution des fichiers, les perquisitions, les arrestations, les internements à Bacalan puis à Mérignac sont également une première phase.

La politique des otages et les fusillades de 41 et 42 sont une suite meurtrière.

La directive allemande d’adjoindre aux communistes inscrits sur la liste en préparation avant le 24 octobre 41 quelques gaullistes des réseaux « Alliances pour la jeunesse » a également du sens, comme en 42 de cibler la recherche de résistants et patriotes dans les entreprises de l’aéronautique en pourchassant les communistes faisant du recrutement, de la propagande, collectant des armes, appelant au sabotage, et des gaullistes et socialistes collectant plans et renseignements divers à l’AIA ou à la SNCASO pour les envoyer à Londres.

Toujours en 42 les fusillades des père et fils Jacob du réseau Jove en liaison radio avec l’Intelligence Service, ou celle du réseau Kléber, Vénus, Chabor, réseau des Services Secrets de la Défense Nationale où sont engagés plusieurs amis chrétiens montrent bien le développement de la Résistance organisée. Mais le 21 septembre et les 70 victimes signifient que Dhose, Poinsot et leurs sbires ne restent pas non plus inactifs.

L’an dernier, nous avons évoqué l’année 43, la résistance décapitée puis reconstituée, et les évènements marquants comme la fin de la politique des otages, le STO, l’accélération de la déportation des juifs et des résistants, et l’espoir nourri de la victoire de Stalingrad, de l’intervention des Etats Unis en Afrique du Nord ainsi que la libération de la Corse ou la réunification de la CGT ou encore la mise en place du CNR.

Parce que leurs arrestations dataient de l’automne 43 nous avions aussi abordé les actions et particularités du groupe charentais Honneur et Patrie dont les membres appartenaient à l’OCM et à Libération Nord, et celles du groupe FTP Bourgois ainsi que leur passage par les armes, les 11 janvier et 26 janvier 44.

102 résistants sont fusillés durant les 8 premiers mois de l’année 1944.

La diversité est sans aucun doute la caractéristique à retenir : diversité, des mouvements concernés, des territoires d’intervention de la police et/ou des allemands, des origines géographiques des résistants et plus particulièrement des responsables qui « ne tenaient pas plus de trois mois », diversité enfin de nationalités des combattants. C’est l’année aussi où subsiste le plus d’inconnues, sur l’identité des victimes, sur les dates d’exécution, sur les autorités les ayant ordonnées, sur les motifs des décisions allemandes.

Après les fusillades de janvier déjà évoquées, et celles de plusieurs isolés, le 19 avril, 7 israélites (ils sont ainsi désignés sur les listes) réfugiés en Dordogne feront les frais d’un acharnement explicable seulement par le fait qu’ils sont juifs.

Le 9 mai ce sont six soviétiques incorporés dans l’armée allemande qui sont exécutés pour avoir fomenté une attaque contre des sous-officiers allemands. 7 autres de leurs camarades seront fusillés à Soulac, lieu de leur cantonnement.

Enfin la dernière fusillade est celle du 1er août.

Sur les 47 fusillés honorés, 14 venaient de la prison de Bergerac. Les allemands sont acculés et particulièrement sauvages dans leurs réactions, à Prigonrieux et dans la forêt de la Double notamment, où les maquis et certains villages sont « nettoyés », avec là aussi l’aide de Poinsot, qui se promenait dans la zone une liste de résistants recherchés à la main.

Le Corps Franc de Libération Marc, Lucien Nouhaux est reconnu comme très actif en Gironde au printemps 44 mais infiltrations et imprudences auront raison de son organisation et du courage de ses membres. La commune d’Eysines et l’association autour de la famille Baudon dont la maison cachait les armes honorent régulièrement les six fusillés du groupe.

D’autres maquis de la région vont subir la loi de rapports des forces disproportionnés. 3 000 soldats allemands (Wehrmacht et SS), aidés de miliciens attaquent le maquis de Vignes Oudides dans le Médoc le 25 juillet 44. Une hécatombe, dont 6 fusillés ici. Deux d’entre eux avaient rejoint le maquis la veille de l’attaque. Deux jeunes, rejoignant le maquis de la Ferme de Richemont à Saucats pour l’un d’entre eux, circulant dans la contrée pour l’autre, subiront le même sort que leurs 12 camarades sacrifiés sur le site. Serge Duhourquet sera, lui, pris dans un maquis landais.

Enfin autre particularité notable, l’histoire des « Dix du train fantôme ».

Parti de Toulouse le 3 juillet 44, ce train, chargé d’environ 650 résistants français et étrangers, arrivera à Dachau le 29 août, Dachau où il déposera 473 hommes avant de continuer vers Ravensbrück où 63 femmes arriveront le 1er septembre, et ce, après avoir été bombardé, détourné, stoppé, perdu, caché, retrouvé. Lors de son périple, le Train fantôme, sera vidé à Bordeaux, le 9 juillet. Ses déportés seront entassés à la synagogue pour les hommes et à la caserne Boudet pour les femmes. Pour des raisons encore mal connues, 10 d’entre eux (pourquoi ces dix, nul ne le sait encore), complèteront la liste des fusillés le 1er août. Parmi ces dix on retrouvera des républicains espagnols venant peut-être du camp d’internement du Vernet, Robert Borios, inspecteur de Police à Foix et engagé dans le Corps Franc Pommiès, Albert Lautman philosophe, devenu militaire hors pair, chef d’un réseau de l’Armée Secrète, Litman Nadler, étudiant roumain émigré à Toulouse, appelé Docteur Madeleine, appartenant au Mouvement de Libération Nationale, Noël Peyrevidal, militant SFIO, au croisement de divers mouvements de résistance en Ariège, assurant de nombreux passages en Espagne. Le 14 juillet 1944, à la synagogue, il prononcera, à l’insu de ses geôliers, un discours pour affirmer sa foi en la victoire finale et remonter le moral de ses camarades. Le plus jeune de ce groupe, Meyer Rosner, 18 ans, est un jeune étudiant juif parisien, réfugié dans le Gers avec ses parents, engagé comme agent de liaison à bicyclette dans les FTP.

Le même jour, André Levy, résistant sous les ordres de Pierre de Bénouville puis Henri Frenay, sera fusillé sous le nom de Bernard Bonduel.

Mais tout cela nous n’aurions pas pu le dire et l’écrire sans la présence forte des familles de fusillés qui nous permet de conserver l’approche humaine indispensable à tout travail de mémoire. Parler d’un père, d’un grand père, d’un frère, d’un oncle, d’un membre de son parti, d’un adhérent de son syndicat, d’un salarié de son entreprise, d’un voisin, d’un membre de sa communauté, donne à l’appropriation de l’histoire, cette approche humaine complémentaire à l’apport scolaire, car la guerre, ce n’est pas seulement, la télévision, les tanks ou les leaders, ce sont aussi les émotions, les larmes que l’on voit monter quelquefois, lors des visites du Mémorial par les proches des victimes ou par les lycéens et collégiens.

Forte des éléments dorénavant à notre disposition sur la vie et la mort des fusillés, notre association, pour atteindre l’ambition d’être l’Association de tous les fusillés, a besoin de vous tous. Besoin des institutions pour aider à notre rayonnement et au financement de nos projets, besoin des familles, des militants, pour continuer les recherches, construire les nouveaux supports portant nos objectifs, besoin des enseignants pour favoriser nos contacts avec la jeunesse et trouver la pédagogie adaptée au 21ème siècle.

Ainsi nous apporterons collectivement quelques éléments de réflexions utiles à notre société qui en a bien besoin.

Comme l’a dit notre Président Georges Durou dans sa conclusion du livre que je vous invite à lire et à diffuser : «  Le monde toujours en construction doit garantir, organiser, le respect de tous les êtres humains, de leurs idées, de leurs engagements, de leurs cultures. Le « Vivre Ensemble » sera la résultante de ce choix et des pratiques concrètes qui le mettent en œuvre.

Merci.

20 octobre 2013

« Nous rendons, en cette troisième année de commémoration du 70ème anniversaire des fusillades, hommages aux fusillés, et aussi aux femmes, compagnes, mères, de fusillés, elles mêmes déportées et mortes en déportation, comme vous avez pu le remarquer sur le cheminement du Mémorial. Le plus grand nombre d’entre elles sont en effet décédées en 1943.

Si au niveau français 1943 est une année charnière dans le conflit, si ce sont les arrestations de mi et de fin 43 qui alimenteront les bûchers début 44, 1943 est la seule année ou il n’y pas eu de fusillade massive. Deux fusillés sont cependant à déplorer.

Gustave Deflandre, natif de Lille, agent commercial, prisonnier des allemands, transféré à St Médard en Jalles, évadé puis repris, est accusé d’espionnage et condamné par le tribunal militaire allemand de Bordeaux le 4 juillet 1942. Il sera fusillé seul, le 4 janvier 43, 6 mois, jour pour jour, après sa condamnation.

René Hontangs, bordelais d’origine, gardien de nuit, est fusillé le 13 octobre, seul également. Il avait été condamné pour avoir agressé un soldat allemand, et aurait appartenu au SSDN (Service Secret de la Défense Nationale.)

Quel est le contexte girondin début 43

Les fusillades du 24 octobre 41 et du 21 septembre 42, mais aussi les autres arrestations, internements, déportations et emprisonnements ont tout particulièrement porté un rude coup à tous les mouvements de résistance.

L’arrestation d’Henri Souque pour « activité communiste illégale » le 27 janvier 1943 décapite les FTP dans la région. Les polices vichyste et allemande le signalaient en fuite et le poursuivaient depuis le 25 août 42. Lors de sa capture, il est porteur de deux cartes d’identité, ainsi que de deux rouleaux et un tube pour duplicateur. Il est déporté.

Envoyés par les responsables nationaux des FTP, de nouveaux « inter-régionaux » rejoignent notre région et notre département avec des fonctions, politiques pour les uns, militaires pour d’autres, et techniques (logistiques) pour d’autres enfin.

Le contact avec les quelques militants locaux rescapés est établi, ce sont principalement des cheminots et des ouvriers des chantiers de la Gironde. L’action sous toutes ses formes reprend.

Le groupe Bourgois (du nom de son chef) formé de quelques unités en avril comptera jusqu’à 70 membres en septembre 43, et sera présent dans la forêt de la Double, aux chantiers de la Gironde, à Parempuyre, chez Poliet et Chausson, à Lormont, à Bourg sur Gironde, à l’usine Walter au Vigean.

Les activités du groupe vont de la diffusion de la Vie Ouvrière clandestine, à l’édition du journal des FTP, à l’apposition d’étiquettes auto collantes sur les murs de la rue de Bègles à Bordeaux, ou à la vente de bons de souscriptions le 14 juillet 43 pour alimenter les caisses de solidarité. Mais c’est l’action de sabotage qui prédomine et notamment des déraillements de train, des récupérations d’armes auprès de sentinelles allemandes, des câbles électriques et/ou téléphoniques sectionnés. Mais suite à des dénonciations le groupe est démantelé à l’automne 43. 17 seront fusillés, ici, le 26 janvier 44 ,13 mourront en déportation, 20 survivront.

Agissant plutôt en Charente maritime, le mouvement Honneur et Patrie dont beaucoup de membres sont à l’OCM (organisation civile et militaire) et d’autres à Libération Nord, atteint un développement maximum en 1943. 110 hommes répartis en sections spécialisées (renseignements, liaisons, instruction, ravitaillement) couvrent ce département.

La collecte de renseignements militaires (sous la responsabilité du commandant Lisiack, chef du réseau Centurie) constitue très vite la principale préoccupation du mouvement, mais en même temps, se pose le problème de leur transmission à Londres. Dans un premier temps les courriers sont transportés par des bateaux de pêche de la côte bretonne, plus tard par Lysander (avion assurant entre la France et l’Angleterre le transport des hommes, des radios, des armes). La diversité des professions des membres du mouvement est notable: pilote d’avion, armateur, agriculteur, charcutier, commis boulanger, étudiant, instituteur, professeur, chef d’entreprise, fonctionnaire, gendarme, receveur des postes, pépiniériste etc… A partir du 22 octobre 43 une série d’arrestations, 83, stoppe l’action du groupe. Les interrogatoires sont, là aussi « musclés ». Il y aura 21 condamnations à mort et 38 condamnations aux travaux forcés et /ou à la déportation.

S’agissant de la politique des otages,

les dirigeants SS arrivent à la même conclusion que les militaires de la Wehrmacht un an plus tôt : la politique des otages n’est pas à même d’endiguer la Résistance. Il s’agissait de faire peur, c’est le contraire qui se produit. Cette politique est vouée à l’échec…et abandonnée. Sans porter le même nom, la pratique des exécutions sommaires reprendra néanmoins quand les allemands se sentiront acculés mi 1944.

Par ailleurs pour faire tourner les usines de guerre et l’économie allemande, les prisonniers ne suffisent plus, les allemands ont un gros besoin de main d’œuvre.

Avec ce qui s’est appelé « La Relève », et qui consistait à faire revenir quelques prisonniers contre l’envoi massif d’ouvriers qualifiés, Vichy et l’occupant tentent déjà en 1942 de répondre à cet objectif. Mais là aussi c’est l’échec. Et toujours en accord avec Berlin, le Maréchal Pétain, alors, crée, par une loi du 16 février 1943, le STO (service du travail obligatoire) et appelle les premiers désignés. Malgré les moyens importants dégagés pour aller chercher ces jeunes, jusqu’à leur domicile, c’est la résistance qui sort renforcée de cette initiative, les réfractaires rejoignant en masse les maquis en formation.

Quant à la déportation,

Celle des juifs se poursuit et s’intensifie : 255 au départ de Bordeaux en 43, sur 1660 déportés en 11 convois de 1942 à 1944, incluant des juifs de Bordeaux, et de toute la région, des réfugiés « étrangers », ceux arrêtés au passage de la ligne de démarcation et les 76 du camp de l’organisation Todt Lindermann. Très peu reviendront.

Engagée depuis 41 avec notamment le décret « Nuit et Brouillard » la déportation des résistants, s’intensifie également : 1100 déportés girondins durant le conflit et 600 rescapés. Comme le rappelle les biographies –silhouettes présentées sur le cheminement, le 24 janvier 43 c’est aussi le convoi des 280 femmes françaises, résistantes politiques, vers Auschwitz.

Mais cette année 1943, c’est aussi celle de l’espoir.

Différents évènements nationaux : en avril, les accords du Perreux, décidant la réunification syndicale de la CGT, en mai, la mise en place du Conseil National de la Résistance dont le contenu progressiste structure encore la société française. L’unification des mouvements de résistance (les MUR mouvements unis de la résistance le 26 janvier 43, les FFI forces françaises intérieur le 1 février 44-) créent une dynamique nouvelle et s’inscrivent dans une perspective, non plus seulement d’opposition à l’occupation, mais aussi de reconstruction du pays libéré.

D’autant que le contexte mondial crédibilise cet espoir.

La ville de Stalingrad est assiégée depuis septembre 42, mais le 2 février 43, l’armée soviétique boute hors les murs l’envahisseur en lui infligeant de lourdes pertes.

L’intervention des Etats Unis en Afrique du Nord assoie une base d’action pour les alliés qui interviennent avec succès en Italie et en Corse en appui du soulèvement local.

Les forces données par cet espoir seront déterminantes en 1944.

Nous y reviendrons l’an prochain.

Répétons encore une fois, que c’est parce que ces hommes et ces femmes, dans toute leur diversité idéologique et sociale ont su dire non à l’inacceptable, au péril de leur vie, que notre pays a pu se libérer et trouver le chemin de la reconstruction. Et la question aujourd’hui n’est pas de savoir ce que chacun d’entre nous aurait fait, cela nul ne le sait, mais de savoir à notre tour, s’il le faut, ne pas renoncer, et agir pour un monde meilleur.

Merci à tous, de votre attention, et de votre présence en ce jour de Mémoire. »

D’autres initiatives honorent les fusillés au fil de l’année

Celle organisée, à la Bourse du Travail CGT de Bordeaux, à la date anniversaire de la fusillade des soixante-dix otages du 21 septembre 1942 (l’essentiel d’entre eux était des syndicalistes), celles d’associations mémorielles, d’entreprises, de municipalités comme à Bègles, Eysines, Pessac, Libourne, Gare Saint Jean et caveau des fusillés au cimetière de La Chartreuse à Bordeaux, à l’AIA (Ateliers Industries Aéronautiques), à la SOGERMA (ex-SNCASO), dans les PTT… ou dans d’autres départements que la Gironde.

Des actions permettent à l’Association de porter la mémoire des fusillés vers tous les publics

Organisation de visites du Mémorial érigé sur le site des fusillades, spectacles, DVD, films de témoignages, site internet rénové, dépliants, exposition nouvelle à la disposition des comités d’entreprises, des collectivités et des associations qui le souhaitent.

L’action en direction des scolaires

L’intervention en direction des publics scolaires est une préoccupation permanente. Elle se traduit essentiellement par des visites commentées de classes sur le site de Souge (mille élèves certaines années), par des rencontres dans les établissements scolaires, par une participation active au Rallye citoyen, organisé conjointement par l’Armée et l’Éducation Nationale en direction des lycéens et collégiens, par des cérémonies sur site également avec des militaires en formation.

 

Agenda 2017

Les 17, 27 et 31 janvier et les 7 et 14 février 2017, dans le cadre de l’initiative Chant d’Action 2017 du Rectorat de Bordeaux, visites de 10 classes de 3ème de collèges girondins.

Du 16 au 19 janvier 2017, l’exposition sera présentée au collège Jean Zay à Cenon.

5 et 6 avril 2017, tenue d’un atelier au Mémorial lors du Rallye Citoyen organisé conjointement par l’Armée et l’Éducation Nationale.

Avril 2017, publication du numéro annuel du Journal « Souge Mémorial ».

22 octobre 2017, commémoration annuelle au Mémorial de Souge, en présence des autorités civiles et militaires.

 

Photos des Cérémonies

2016 :

L'appel des 256 morts

L’appel des 256 morts

 

 

Chaque année, des enfants sont là ...

Chaque année, des enfants sont là …

 

 

Dépôt de la gerbe de l'association par 2 filles de fusillés

Dépôt de la gerbe de l’association par 2 filles de fusillés

 

 

Suscitant l'émotion des participants, Cindy, petite fille de fusillé, a interprété "Le Chant des Partisans "

Suscitant l’émotion des participants, Cindy, petite fille de fusillé, a interprété « Le Chant des Partisans « 

 

 

Hommage, générations confondues, aux fusillés de la première enceinte

Hommage, générations confondues, aux fusillés de la première enceinte

 

 

2015 :

Cheminement dans le Mémorial, conduit par les porte drapeau

Cheminement dans le Mémorial, conduit par les porte drapeau

 

 

Les enfants sont là.

Les enfants sont là.

 

 

Hommage à la première enceinte

Hommage à la première enceinte

 

 

2014 :

 

L'appel des morts

L’appel des morts

 

 

L'hommage des porte drapeau

L’hommage des porte drapeau

 

 

Éclaireurs et adultes déposent de la gerbe du consistoire israélites

Éclaireurs et adultes déposent de la gerbe du consistoire israélites

 

 

 

Hommage à la première enceinte

Hommage à la première enceinte

 

2013 :

 

L'accueil musical sur l'enceinte par Jean Bataillon et Adrien Nemtanu

L’accueil musical sur l’enceinte par Jean Bataillon et Adrien Nemtanu

 

 

L'assistance pendant les allocutions

L’assistance pendant les allocutions

 

 

Georges Durou, président de l'Association et Alain Lagardère, président de l'ANCAC lors de l'hommage sur la première enceinte

Georges Durou, président de l’Association et Alain Lagardère, président de l’ANCAC lors de l’hommage sur la première enceinte