80 ans après

L'association du souvenir des fusillés de Souge

1944/2024 : 80 ans

Diverses initiatives de l'Association pour marquer cette date :

14 octobre 2024 Archives départementales de la Gironde

Lecture des textes par Pierre SANTINI :

SANTINI


Lecture ponctuée par les chants interprétés par la Chorale des Amis de l’Ormée

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Archives Départementales de la Gironde, 14 octobre 2024. Inauguration de l’exposition « Les 256 de Souge »

Présentation de l'exposition par Jean Lavie, président de l'Association

Monsieur le Président du CD, ou son représentant,
Monsieur le Maire de Mérignac ou son représentant,
Madame la Directrice des AD et ses collaboratrices et collaborateurs,
Mesdames Messieurs,
Chères et chers amis(es),

Très sincèrement merci d’avoir répondu favorablement à notre demande de présentation de notre exposition. Merci aux équipes des AD pour nous avoir accueilli, professionnellement et amicalement.

Il nous a semblé en effet que la clôture du cycle du 80 ème anniversaire des fusillades s’échelonnant de 2021 à 2024 méritait une série d’initiatives permettant à tout un chacun et aux girondins en particulier de découvrir et/ou mieux connaître les évènements dramatiques qui se sont déroulés au camp militaire de Souge situé sur les 3 communes de Martignas, St Médard et St Jean d’Illac durant la guerre entre 1940 et 1944.

Deux éléments majeurs nous ont guidés. D’abord, même si notre association, avec d’autres bien sûr, depuis 80 ans porte la mémoire de cette période, le temps passe, accomplit son œuvre, et l’oubli guette. Ensuite chacun peut observer que les théories et conceptions qui ont conduit à la guerre ne sont pas seulement en germe mais bien en action dans le contexte politique économique social en France et partout dans le monde. Et cela appelle des explications pour montrer les drames auxquels les sociétés s’exposent si elles laissent ces germes se développer.

L’enjeu est donc pour nous, double disais-je:

- Continuer à rendre hommage aux patriotes-résistants qui ont payé de leur vie le combat pour la liberté,

- Et pour rester dans notre rôle, montrer la nocivité du nazisme fondé sur des ressorts idéologiques, des actes, basés, sur le rejet de l’autre, de celui qui est différent, celui qui défend les libertés, sur la politique du « bouc émissaire » qu’il soit religieux, social, racial ou géographique.

Pour mener notre activité nous disposons des cérémonies, des visites du Mémorial, des conférences, de notre site, d’une mallette pédagogique pour les enseignants…et de notre exposition présentée ici durant une quinzaine.

Je tiens aussi à rappeler que nous n’aurions pas pu dire et écrire sur ces évènements sans la présence forte des familles de fusillés qui nous permet de conserver l’approche humaine indispensable à tout travail de mémoire. Parler d’un père, d’un grand père, d’un frère, d’un oncle, d’un membre de son parti, d’un adhérent de son syndicat, d’un salarié de son entreprise, d’un voisin, d’un membre de sa communauté, donne à l’appropriation de l’histoire, cette approche humaine complémentaire à l’apport scolaire ou académique, car la guerre, ce ne sont pas seulement, les jeux, les tanks ou les leaders, ce sont aussi les émotions, les larmes que l’on voit monter quelquefois, lors des visites du Mémorial  par les proches des victimes ou par les lycéens et collégiens.

Cette période nous enseigne aussi que dans un pays occupé, désorganisé, dans la clandestinité, des organisations se sont, reconstruites, rapprochées avec leurs différences et leurs convergences, unifiées, et engagées ensemble dans une lutte de libération du territoire et de reconquête des libertés autour d’un programme de rénovation du pays et de progrès social : le programme du CNR dont chacun se félicite encore aujourd’hui qu’il est un filet de sécurité face aux crises diverses.

« Oublier… jamais » est un beau slogan. Mais il relève du vœu pieu si en même temps ne sont pas prises les mesures économiques, sociales, politiques, d’éducation, pour le faire vivre au concret. Le « Vivre ensemble » dans la paix et le respect de tous est à ce prix.

Merci.